Ce matin, vous nous présentez le dixième album de la chanteuse franco-béninoise Mina Agossi, qui après avoir voyagé dans plusieurs registres dans le jazz revient aux sources du blues.

Mina Agossi c’est cette voix qui se balade sur un volcan qui gronde, qui menace et qui pleure. Entourée de cinq musiciens qui la cajole, on est heureux de retrouver cette femme qui chante de l’intérieur.

Extrait de « The crying girl »

Depuis qu’elle s’est identifiée au jazz, cette autodidacte qui s’est trouvée chanteuse par hasard un jour de mars 1992, embauchée à chanter dans un restaurant dijonnais devant une assistance qui ne l’attendait pas, pas n’a pas eu d’autre choix que d’inventer son style. Son jazz à elle sera balayé par sa nature spontanée. Puisqu’elle n’a pas eu la chance de se soumettre à un enseignement académique, Mina Agossi devient l’architecte d’un jazz populaire, hors les murs, qu’elle va chanter jusque dans les prisons et les boites de strip-tease. Quinze ans plus tard, c’est avec la même liberté qu’elle s’attaque aux standards du blues et du rock. Exemple ici avec le « Red house » de Jimmy Hendrix.

Extrait de « Red house »

Ce saxophone Ténor qui accompagne Mina Agossi est celui d’Archie Shepp. Femme de tête et de cœur, c’est dans les rencontres que Mina Agossi élargit son chant des possibles. Dans ce disque Archie Shepp accompagne sur trois titres celle qui l’a toujours encouragé. Parce qu’elle lui ressemble lui qui dit : il existe deux manières de jouer cette musique. Soit on imite de façon académique les mélodies et il faut alors connaître les accords, soit on fait confiance à son âme et on raconte son histoire. Le vent qui souffle dans mon saxophone est celui de mon passé.

Extrait de « The stars are in your eyes »

Mina Agossi née à Besançon d’un père béninois et d’une mère bretonne aime cette idée fondatrice d’avoir un pied dans chaque continent. Elle dit avec un sens de la formule très aiguisé : « je me situe très bien dans ce goût des extrêmes, celle qui pleure aux mariages et rit aux enterrements ». Avec Archie Shepp, Mina Agossi dans son nouvel album rend hommage à son père dans une sorte de bouleversante procuration.

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