Ce matin on se replonge avec vous dans une grande partie de l’histoire du rock de France Inter, pour la sortie d’une compilation signée Bernard Lenoir, avec une quarantaine de titres choisis par Lenoir l’inrockuptible. C’est d’ailleurs le titre de ce double album. Ce n’est pas un retour. Bernard Lenoir n’est pas armé pour faire ce genre de trucs de vieux chanteurs. Juste une façon de nous donner quelques nouvelles comme ça en passant. De nous rappeler finalement que si la radio s’est éloignée de lui, la musique, celle qui vient de là, qui vient de lui, elle, reste profondément présente.Extrait de « Transmission » de Joy Division Ce petit rappel à l’ordre en deux CD copieux raconte finalement la belle vertu de la transmission. Lenoir, voix timbrée et dénuée d’affect n’était là que pour ça. Transmettre et nous ouvrir le chemin à nous, qui avons grandi, persuadés que la musique s’écoute plus qu’elle ne s’entend. Lenoir, passeur intransigeant a contribué à donner un sens à l’idée que la musique est une fondation essentielle pour créer son propre rapport au monde. Il nous a inconsciemment dotés d’une vision, de convictions. Avec au bout du compte une contre culture naturelle et sans posture.Extrait de « Bob Yer’s Uncle » par Happy Mondays Avec Lenoir, on pouvait nous faire avaler des pilules d’ecstasy sur le dance floor de l’Hacienda et comprendre que lever les bras avait un sens politique, et dans le même temps nous ramener dans le lit déserté d’une chanson française pour le coup très ascétique.Extrait de « Le lien défait » par Jean-Louis Murat

Ce double album est conçu comme une play-list ultra personnalisée, aux antipodes de ce qu’absorbe la génération random, celle qui désigne les oreilles habituées à la consommation de play list aléatoires sur les ipod. Ici on musarde dans des époques, des sons, des chansons qui viennent nous agripper, comme si elles avaient la capacité de sortir littéralement de la radio pour venir nous secouer.Extrait de « He watches her From Behind » par Stina Nordenstam Il n’est pas l’heure, croyez-moi, de jouer aux anciens combattants ni de dire « c’était mieux avant ». Lenoir est aujourd’hui ailleurs, dans un pays de paysages, de vagues et d’une certaine sauvagerie qui valent bien des morceaux de rock. Mais ce témoignage de vie à travers 40 titres nous enseigne une leçon fondamentale : rester encore et toujours incorruptible face au plaisir de la musique.

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