Voici le retour et les débuts de Noel Gallagher en solo, quelques mois après celui de son frère Liam. Avec ces deux retours consécutifs la nostalgie pour le groupe Oasis, séparé depuis l’été 2009, semble soudain ravivée, avec bien sûr, son lot de polémiques.

Et nous avons effectivement le choix. Soit on peut s’en tenir aux répliques délicieusement sales et méchantes que se balancent toujours par presse interposée les deux frères ennemis de la brit pop. Soit on préfère rester strictement attaché à la musique et on peut alors écouter sereinement ce premier disque solitaire de Noel Gallagher qui a réussi son pari.

Extrait de « Stop the clocks »

Certes, on sent intimement que l’auteur-compositeur du groupe qui a incarné la bande son de l’Angleterre de Tony Blair en a encore sous le pied. De l’inspiration bien sûr, mais aussi une envie décomplexée d’aller visiter des territoires nourris par un lyrisme qui sied à sa voix plus ample et généreuse que celle de son frère maudit, plus nasillarde et insolente. Ainsi le disque s’ouvre sur une pièce de pop symphonique où Noel ne se refuse rien comme s’il était toujours dans la posture du rocker de stade.

Extrait de « Everybody’s on the run »

Noel Gallagher n’oublie pas pour autant d’où il vient. Son adolescence prolétarienne à Manchester au milieu des années 80 est celle d’une jeunesse britannique qui découvre dans un même élan la house music et l’ecstasy tout en restant fidèle à la seule religion qui vaille : le football de Manchester City. Dans les sombres années thatchériennes, l’opium du peuple que fut la musique de danse symbolise aussi une forme d’échappatoire violent pour s’extraire d’un quotidien gris sombre où le vieil empire colonial britannique se trouvait contraint de renouer avec son histoire en partant faire une improbable guerre des Malouines. En 2011, Noel Gallagher est pour le coup sorti de lui-même pour faire un pas sur le dance floor et rendre hommage à ses années de jeunesse.

Extrait de « AKA… What a life ! »

Ce grand saut dans la musique de danse est semble-t’il un avant gout de ce que nous promet Noel Gallagher. Un deuxième album plus expérimental qu’il publiera l’été prochain. A 44 ans, ce bâtisseur de la pop anglaise poursuit la construction de qu’il convient d’appeler une œuvre.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.