Ce matin vous nous faites découvrir le deuxième album du groupe belge Balthazar. Originaire de Courtrai, d’une moyenne d’âge qui avoisine les 23 ans, le groupe montre deux ans à peine après la sortie de leur premier disque, l’étendue de leur potentiel créatif.

Le groupe Balthazar nous invite à son festin qui pour le coup est annonciateur d’une grande et belle promesse. Avec ce disque copieux et gourmet, ce quintet mixte passe la cinquième et montre à quel point l’inspiration mélodique du groupe est au plus haut. Petite méthode avant enregistrement. Se replonger par exemple, dans l’œuvre de Gainsbourg des années 60 où l’ambition novatrice des arrangements était teintée inconsciemment par les émotions du slave de l’homme à la tête de chou.

Extrait de « The oldest of sisters »

C’est un disque qui va au bout de ses choix. Romantique, un peu sombre sur les coutures apparentes des morceaux. Il y a aussi cette façon si singulière de raconter leurs histoires du quotidien. Une diction bizarre, avec la même intensité de jeu que celle des story tellers américains. Le rock de Balthazar n’est pas qu’une histoire de testostérone, de cri primal. Léonard Cohen ou le Dylan des années 70 ont imprimé leurs marques respectives. Le conteur ici c’est le grand chanteur de Balthazar Maarten Devoldere.

Extrait de « Sinking ship »

L’album a été enregistré dans une spontanéité qui a éloigné dans un premier temps le groupe Balthazar d’un studio d’enregistrement. La rue, les sous-sols, leurs chambres, et le métro ont été le théâtre impromptu de leur inspiration. Si jouer dans le métro donne une énergie particulière à la musique, elle fait aussi côtoyer ces fameux rats qui ont donné son titre à l’album. Mais la fréquentation de la rue, de la saleté et d’une certaine forme de laideur offre paradoxalement au final un disque excessivement soyeux. Le mixage à Los Angeles n’y est sûrement pas pour rien. Les chansons sorties de la terre ont volontiers accepté de revêtir une parure glamour. Beau paradoxe belge.

Extrait de « The man who owns the place »

« Par le passé, nous voulions seulement écrire des chansons cool. Cette fois nous voulions que les émotions affleurent à la surface », confesse le groupe. Mission plus qu’accomplie.

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