Retour sur l’année exceptionnelle de l’un des artistes israéliens les plus connus dans le monde. Le contrebassiste de jazz Avishai Cohen dont le 11ème album « Seven seas » sorti au printemps dernier, vient d’être nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie « album de l’année »…

Avishai Cohen est né à Jérusalem, il vit aujourd’hui à Tel Aviv et il parcourt le monde avec son quintet de jazz, toujours accroché à sa contrebasse qui lui permet d’imaginer et de composer une musique qui va puiser autant dans le jazz, la musique classique mais aussi le folklore des chansons de son enfance.

Extrait de « About a tree »

« About a tree » est une chanson yiddish très ancienne que Avishai Cohen avait oublié et qu’il a entendu par hasard alors qu’il était en voiture en route pour Israël. Immédiatement, les souvenirs d’enfance ont ressurgi, ceux du village balnéaire de Nahariya près de Jérusalem où Avishai Cohen a grandi avec ses parents qui ont toujours écouté beaucoup de musique classique et traditionnelle. L’occasion pour lui de d’affirmer sa conviction : « le jazz c’est le territoire de la liberté » n’hésitant pas à repenser cette chanson issue du patrimoine avec la jubilation d’improvisations qui caractérisent sa musique. Son album « seven seas », « les sept mers » montre un Avishai Cohen les pieds dans l’eau dans une mer d’huile se confondant avec l’horizon infini. Métaphore de sa sérénité artistique, Avishai Cohen contemplatif, dans un élément dont on sait qu’il peut très vite à nouveau se déchaîner. Le disque est ainsi. Avec l’envie de faire revivre aussi la tradition de la musique ladino dans son projet. « Honnête, vérité, innocence », telles sont les caractéristiques selon lui de cette musique portée par la langue des juifs sépharades, des rabbins espagnols, et enseignée par sa mère.

Extrait de « Tres hermanicas erran »

Avishai Cohen fut repéré à ses débuts par Chick Corea que le prit sous son aile pendant dix ans. Il poursuit aujourd’hui un chemin qui ressemble à celui de toutes les forces créatives qui s’illustrent chez les peuples migrants. Traquant une mémoire qu’il qualifie de sensorielle dans un pays sans cesse bousculé par le choc entre la tradition et la modernité, Avishai Cohen est un passeur. Entre des influences orientales et latines, entre le jazz improvisé et la musique classique. Celle de Rachmaninov et surtout de Bach, que l’on devine comme l’une des influences majeures du musicien.

Extrait de « Hayo Hayta »

Avishai Cohen, poursuit sa tournée française tout au long du mois d’octobre. L’occasion de constater que sa musique est le creuset d’influences parfois éloignées qui se retrouvent en pleine harmonie. L’harmonie, ce vœu qui est aussi le sien lorsqu’il parle (rarement) du conflit israélo-palestinien mais qui est sous-jacente dans toute l’âme de ce musicien ultra sensible dont toute la vie est dédiée au dialogue entre les styles et les pratiques artistiques.

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