Le 26 octobre dernier, vous nous présentiez le premier EP du groupe Zoufris Maracas. Aujourd’hui c’est l’album qui est disponible pour ce tandem originaire de Sète. Son titre « Prison dorée ».

Les Zoufris étaient ces travailleurs algériens venus participer à la reconstruction de la France dans la deuxième moitié du XXème siècle. Des ouvriers célibataires qui colportaient la mémoire de leur terre natale en la sublimant. Vin’s et Micho les deux forces motrices du groupe ont accolé à cette réalité d’exil volontaire, la notion de Maracas, pour traduire la rencontre inéluctable entre leur poésie sociale et la langueur des rythmes venus d’ailleurs. Ou l’impérieuse nécessité d’affirmer que la résistance et l’insoumission passent aussi par un déracinement spontané.

Extrait de « En vélo jusqu’au Sahara »

Les Zoufris Maracas savent ce qu’ils chantent. L’expérience du voyage ils l’ont choisi, pour ne pas passer à côté de leurs vies. Pour se sentir vivre, revendiquer le droit à la paresse mais aussi l’obligation de s’investir dans des opérations sur le terrain. Cinéma itinérant en Afrique, l’école du Sahel, Greenpeace… Une conscience de la réalité qu’ils conjuguent avec une verve coiffée d’un bonnet phrygien. C’est Renaud transplanté sous les tropiques.

Extrait de « Les cons »

En ces temps où le génie de la bastille voit rouge, Zoufris Maracas joue une partition très citoyenne. Rappelons que c’est dans le métro que tout a commencé pour eux. Sur les Lignes 2 et 6 qui vont des beaux quartiers jusqu’au ventre populaire de Paris. Entre temps le succès d’estime est passé par là, effaçant les ardoises de la RATP mais pas l’engagement qu’ils placent en alternance forcée avec leur désir d’évasion.

Extrait de « Feijaon »

L’album des Zoufris Maracas s’intitule donc « Prison dorée », comme si le groupe voulait se prémunir des effets secondaires du succès. Leurs chansons ont la colère des réalités et la couleur des rêves.

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