Voici le nouvel album du chanteur et compositeur brésilien Vinicius Cantuaria qui s’intitule « Indio de apartamento » en hommage à sa mère décédée l’an dernier.

Vinicius Cantuaria publie son dix huitième disque depuis 1983, mais reste plus que jamais inspiré, sorcier vaudou au chevet d’une bossa nova qu’il réveille et régénère sans cesse au contact du jazz et même de subtiles sonorités électroniques.

Extrait de «Humanos »

Vinicius Cantuaria, natif de Manaus au cœur de l’Amazonie, est depuis toujours un indien dans la ville. C’est un destin qui se mérite. Exilé à Rio dès l’enfance, puis New York aujourd’hui, toute la musique de ce guitariste, batteur et percussionniste est imprégnée de ses souvenirs impressionnistes de percussions qui rythmaient le flot du fleuve amazone. Il y a aussi le jazz qui pleure du manche des guitares que l’on pince pour faire jaillir cette tristesse contemporaine qui est toujours celle de la saudade de son pays.

Extrait de « Acorda »

Sur ce morceau Vinicius Cantuaria a invité le japonais Ruychi Sakamoto, que l’on retrouve également sur le très beau « Moça Feia », fille laide en français qui explore ce que Gainsbourg avait dénommé « la beauté des laids ». Vinicius Cantuaria se laisse porter par l’inquiétude et l’étrangeté de cette bossa nova mise sous hypnose avec des accords de piano qui semblent désaccorder son apparente tranquillité mélodique.

Extrait de « Moça Feia »

C’est un disque intimiste et accueillant puisqu’on y croise quelques belles et humbles offrandes. Norah Jones au piano sur un titre, le frère de musique Bill Frisell et sa guitare qui électrise en douceur trois autres morceaux. Ou encore le chanteur américain Jesse Harris en duo avec lui sur le seul titre en anglais.

Extrait de « This time »

Vinicius Cantuaria transformé pour ce disque en indien d’appartement nous prouve avec son esthétique de la sobriété qu’il ne pourra jamais enfermer la douce musique de la bossa nova dans ses traditions.

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