Voici le premier album d’un jeune chanteur, qui débute dans le disque à …68 ans. Il s’appelle Slow Joe.

Extrait de « Cover me over »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet artiste a une incroyable histoire…

C’est sur une île au large de Goa en Inde que cette voix incroyable de crooner qui a le blues chevillé au corps charriait jusqu’en 2007 toute sa mélancolie. Slow Joe, presque 70 ans, vivait donc en marge de la société indienne. Errant comme un vagabond céleste, sur les plages ou dans les rues au rythme régulier du soleil, Slow Joe est repéré par hasard par un jeune musicien lyonnais, Cédric La Chapelle. Séduction mutuelle. Le patriarche est séduit par la guitare 4 cordes du Français. Lui, est percuté par la puissance vocale de ce grand frère indien d’Elvis Presley, qui aurait pu aussi être un Jim Morrisson retraité sur l’ile indienne de Chorao. Il décide d’enregistrer la voix de Joe a capella sur son mini disc, rentre en France, et constitue le « Ginger accident quartet rock », qui en quelques semaines compose les premières musiques qui vont habiller la voix de ce crooner des rues.

Extrait de « Love bug»

Les chansons de Slow Joe parlent d’amour absolu. D’un amour déçu de jeunesse sur lequel le poète va consacrer toute sa vie d’homme errant. Un romantique blessé qui ira jusqu’à renier son identité pour finalement se mettre en marge de la société. La douleur sur les routes indiennes c’est aussi la rencontre malheureuse avec l’héroïne. Toxicomane mais toujours debout et droit dans sa « rockab’ attitude » Slow Joe va trouver la force de s’en sortir grâce à l’écriture de ses chansons. Et même si l’univers que Cédric de la Chapelle imagine sur mesure pour cette voix vient plutôt de la mythologie du rock blues américain, les origines indiennes du vieil homme ne sont pas pour autant balayées.

Extrait de « Ab Kahan Jahen Hum »

Il aura fallu beaucoup d’obstination pour que Cédric de la Chapelle réussisse à faire sortir Slow Joe de son pays. Après un Gymkhana administratif pour l’obtention de papiers à celui qui n’en voulait plus, Jean-Louis Brossard le vibrant programmateur des Trans Musicales de Rennes l’invite en décembre 2009. Slow Joe débute en France à l’âge où la retraite fait débat et il ne regrette rien.

Extrait de « Non, je ne regrette rien »

Slow Joe sera en concert, notamment, à Lille le 24 octobre, à Macon le 28, le 4 novembre à Rennes et le 7 novembre à Paris au Café De La Danse. L’occasion de constater de la force de la résilience.

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