Ce matin, vous mettez à l’honneur le quatrième album de « Grizzly Bear » groupe américain originaire de Brooklyn, qui a enregistré son nouveau disque entre le Mexique, le Texas, New York et Cape Code.

Avoir l’âme voyageuse pour trouver l’inspiration, se couper volontairement de la sphère des amis et des relations polluantes avec l’industrie du disque. Surtout « donner du temps au temps » pour réfléchir à la composition. Cela ressemble à un cahier des charges qui incarne assez bien la démarche artistique de Grizzly Bear, imperméable aux vertiges de la vitesse de notre ère numérique. Ce nouveau disque intitulé « Shields » que l’on peut comprendre par « boucliers » impressionne d’entrée par une symphonie sonique et foutraque en deux mouvements.

Extrait de « Sleeping Ute »

Chaque membre du quartet Grizzly Bear possède ses projets parallèles qui ont paradoxalement renforcé l’unité du groupe. Les compositions ébouriffantes s’enchainent sans temps mort. L’album est plein, ne laissant jamais aux effets de style le temps de s’installer pour faire mouche. Grizzly Bear ne laisse jamais un morceau lui échapper. Mise sous tension permanente, les chansons vous laissent à terre dès leur entame et imposent chaque fois un final où la philharmonie débridée de chaque musicien n’a plus de limite.

Extrait de « Yet again »

Les musiciens de Grizzly Bear n’ont rien de quatre garçons dans le vent. Le magazine Tsugi qui les met à la une de leur numéro de septembre n’hésite d’ailleurs pas à les titiller sur leur image de prétendu faiseur de musique de vieux. Certes, on y apprend que pour se remettre de la pression du succès du précédent disque, le groupe s’est investi dans la fabrication du pain selon des méthodes ancestrales. A écouter l’orfèvrerie sonique des trois derniers morceaux du disque, on n’est pas loin de penser que Grizzly Bear a réussi à produire un classique selon les mêmes recettes du passé glorieux de la mythologie pop folk.

Extrait de « Sun in your eyes »

Les maîtres du pain ont aussi parfois des inclinaisons musicales qui de Fleetwood Mac à Gerry Rafferty les éloignent un peu plus dans les apparences de la modernité. Et pourtant, ce nouvel album témoigne du contraire. Tellement syncrétique qu’il parvient à inventer. Là où il se situe désormais Grizzly Bear n’a plus besoin de bouclier.

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