Poursuite de la session de rattrapage des disques à se procurer si possible avant Noël. Ce matin, le premier EP de Lescop, jeune artiste originaire de la Rochelle, ancien leader du groupe rock Asyl et qui avec ses premières chansons en solo renoue avec une certaine idée de la pop française .

De la pop française oui, mais surtout de la pop noire, comme le nom du label qui abrite ce nouveau projet de Mathieu Lescop, et qui définit sa ligne éditoriale comme telle : « on veut de la chanson avec du punk, de la variété bipolaire, provoquer un chaos contrôlé, concilier l’inconciliable ». La trentaine bien engagée, Lescop imagine une chanson à la fois très graphique et séquencée comme une scène de cinéma. Il montre aussi son inclinaison pour le choc entre deux esthétiques. Une apparence sucrée liée aux souvenirs des années 80, que le jeune homme casse avec sa narration d’un conte cruel. Une histoire sombre de règlement de compte amoureux où c’est la fille qui tue le garçon…

Extrait de « La forêt »

Lescop confie qu’il aime le cinéma de Melville, cette tentation pour les atmosphères froides et tragiques, cultivant l’attrait pour les mécanismes de la fatalité humaine. Il aime aussi rendre hommage à ses héros de littérature. Comme Yukio Mishima, s’inspirant du livre « confession d’un masque » qui lui permet de restituer, tout en le fantasmant, le Tokyo gay des années 50…

Extrait de »Tokyo la nuit »

Produit par John Hostile du tandem français expatrié à Londres John and Jehn, Lescop trouve ici un nouveau souffle après l’aventure à la fois adolescente et formatrice du groupe de rock’n’roll. Il faut voir Lescop sur scène, sorte d’animal affolé et nerveux, fixant son public d’un regard aussi troublant que celui de Brando respirant la luxure. Donnant à ses pop song à double apparence et double fond comme lorsqu’il rend hommage à l’exil de Marlène Dietrich antinazie fervente…

Extrait de « Marlène »

Lescop achève actuellement son premier album témoin de son échappée solitaire. Ne pas attendre sa sortie pour vous en parler me permet ainsi de transformer le père Noël en petit papa prescripteur qui descendra du ciel sous l’autorité divine d’un Daniel Darc ou d’un Etienne Daho. Il y a assurément pire comme influence. Non ?

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