Ce matin, vous nous faites découvrir la voix singulière de la canadienne Rachel Zeffira. Après une longue carrière de Soprano dans l’opéra et une première expérience de groupe dans Cat’s eyes, elle publie enfin son premier album solo intitulé « The deserters »…

rachel zeffira
rachel zeffira © Radio France

De l’étrangeté, beaucoup de romantisme, une certaine attraction pour les ambiances liturgiques, il y a tout cela dans ce premier album suffisamment intemporel pour parvenir à déstabiliser son auditeur. Comme si bizarrement on se connectait avec le bal des voix trop oubliées, celle de Julee Cruise, d’Elizabeth Frazer, et même parfois de Karen Carpenter. Oui, la voix aérienne et cotonneuse de Rachel Zeffira est sans nul doute le premier argument de ce disque hivernal.

Extrait de « The deserters »

Rachel Zeffira n’est pas seulement une voix. Elle a écrit, composé, et arrangé son disque toute seule. C’est rien de dire que c’est une artiste qui s’est forgée une conscience à force de discipline. Dès l’enfance, elle se met au piano, puis il y aura le hautbois qui l’amènera vers le cor anglais. Petite fille, elle cache cette passion pour ces instruments étranges « pour garder des amis » dit-elle. Amoureuse de ces sonorités enivrantes, elle cherche à immerger leurs textures à l’électricité de la pop musique. De la discipline, il en faut aussi lorsqu’elle décide de se tourner vers l’opéra. Elle chantera beaucoup dans les Noces de Figaro où elle brille, mais elle se souvient surtout du mode de vie contraint qui lui fera finalement quitter le monde du lyrique tout en essayant aujourd’hui d’appliquer sa rigueur et sa démesure flamboyante à son univers pop.

Extrait de « Star »

Rachel Zeffira a grandi dans une petite ville de la cote ouest du Canada. Un endroit reculé où seule la nature et le hockey sur glace gouvernent les hommes. Son album est subtilement marqué par l’ADN d’une enfance loin des rumeurs de centre ville. On flotte dans son disque comme sur un nuage de neige.

Extrait de « Here on in »

Ce premier album de Rachel Zeffira transcende le spleen du grand froid en bonheur totalement givré.

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