Ce matin, vous allez à la découverte d’un auteur compositeur interprète d’origine canadienne qui sort ces jours-ci son deuxième album qu’il a baptisé « Mammifères ».

Moran, 38 ans, gueule d’atmosphère sculptée à la bise d’une campagne profonde. Et une voix. Une voix tabac, une voix de gorge passée au tison, pleine de souvenirs qui incendient sa poésie teintée d’une franche lucidité.

Extrait de « Babylone »

C’est l’histoire en fait d’un retardataire qui a attendu longtemps avant de faire le grand saut. « Avec des doigts de fermier comme les miens, je vous le dis, c’est dur la guitare » Ainsi parle Moran qui s’est mis à la guitare à 30 ans, poussé par son entourage mais surtout motivé par l’irrésistible envie de donner du corps à l’amour qu’il porte depuis toujours aux mots. Ce qui séduit d’emblée, c’est ce paradoxe entre l’intimité fiévreuse, cette fragilité qui parcours les chansons de Moran et sa voix chargée d’une élasticité rouillée par un vécu de blues man qui confronte la poésie de Edgar Allan Poe à ses propres paroles.

Extrait de « Troublant »

Moran puise son inspiration chez Bob Dylan et Léo Ferré qu’il a réunit dans la même source. A l’image de cette famille bilingue dans laquelle il a grandi comme beaucoup de canadiens. Lorsqu’il écrit et chante en français, le style est fleuri, métaphorique comme une route à double sens. En anglais, la voix cabossée distille un style plus direct.

Extrait de « Needs »

En attendant on pourra applaudir ce « Poor lonesome mammifère » au zèbre de Belleville à Paris le 28 mars, et au festival « Alors chante » à Montauban le 16 mai. Le Québec libre chante toujours.

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