Cette semaine, sort le nouvel album studio – le quatrième – de l’auteur compositeur interprète et arrangeur Albin de la Simone. Un disque qu’il a intitulé « Un Homme » et qui questionne effectivement la question de la masculinité aujourd’hui.

Il suffit d’écouter une seule fois ce nouvel album d’Albin de la Simone pour avoir la tentation de dire « Alain Souchon, sort de ce corps ». Allo maman bobo, Albin de la Simone quarante ans rien que du malheur ou presque. Ou en tout cas, mal en homme dur, le chanteur peut-être un peu trop rêveur fait la liste non exhaustive de ce qu’il ne sera plus et de ce qu’il reste à accomplir. Albin de la Simone, d’une voix moins voilée, moins étriquée, nous raconte la difficulté d’être un homme encore aujourd’hui. Métaphore idéale. L’image des épaules, lieu dit du corps responsable, ici pas baraquées et pas bien gaulées.

Extrait de « Mes épaules »

Dix chansons courtes, faites des petites et grandes peurs bien légitimes face au temps qui passe et qui ronge les ongles, au souvenir prégnant de la première femme du monde au monde, ce petit grain de poivre piquant et doux, qui le berçait d’illusions face aux engagements et aux promesses qui nous dépassent tous. Chanson, effet miroir garanti. L’homme sensible est une femme pas comme les autres qui rêve aussi de prendre ses jambes à son cou pour fuir comme s’il avait le droit de ne pas être responsable. C’est l’occasion d’une association avec un musicien qui lui aussi s’est détourné depuis longtemps de l’image du musicien motivé par des excès de testostérone, le pianiste Alexandre Tharaud.

Extrait de « La fuite »

Albin de la Simone est un retardataire puisqu’il a écrit ses premières chansons à 30 ans. Il venait alors d’un pays d’origine rigoureux. Celui du jazz et de la musique instrumentale lorsqu’il a trouvé quelques grands frères pour délier sa langue qu’il avait peur d’avaler par timidité. Ce disque est aussi un hommage inconscient au Philippe Katerine des débuts ou au Mathieu Boogaerts de toujours, des enfants adultérins de Gainsbourg qui ont permis à Albin de la Simone de trouver son propre territoire en chansons et de ne plus avoir peur d’être un enfant légitime de Souchon. Il est vrai qu’on peut lire et comprendre un arbre généalogique en écoutant des chansons. En particulier lorsqu’il s’agit des chansons de crise. De crise existentielle.

Extrait de « Ma crise »

Albin de la Simone après s’être longtemps cherché s’est enfin trouvé grâce à l’acceptation d’une mélancolie constitutive et armé d’un humour qui sauve de tout, il peut enfin croire qu’il est autre qu’un éternel débutant obligé d’écrire des petits poèmes kafkaïens pour faire chanteur et séduire les dames.

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