C’est le grand retour du groupe Spain après 10 ans d’absence. Originaire de Los Angeles, et toujours mené par son fondateur charismatique Josh Haden, fils du légendaire bassiste jazz Charlie Haden.

C’est un Josh Haden qui a mis du temps à sortir d’une dépression liée à sa très grande déception provoquée avant tout par le cynisme absolu de l’industrie musicale, qui, pour des raisons contractuelles, a freiné sa créativité. Une décennie pour retrouver la grâce intacte de ce qui fit la légende du groupe Spain dès le premier album en 1995. Une musique d’une beauté incomparable, difficile à qualifier mais avec du style. À ses débuts on parlera beaucoup de « slowcore », comprenez un rock alternatif fondé sur des tempos ralentis à l’extrême. C’est effectivement bien cette lenteur hypnotique du vertige mélodique portée à son paroxysme que l’on retrouve dans ce nouveau disque.

Extrait de « I love you »

Le groupe californien Spain retrouve donc l’ivresse des sommets en restant fidèle à sa volonté de ne pas s’inscrire musicalement trop explicitement dans une époque. Mais les textes de Josh Haden, ne sont pas pour autant désincarnés. Si l’amour dans son expression charnelle et spirituelle domine l’inspiration, on remarque aussi que les déboires du chanteur avec son label lui ont permis d’écrire une chanson plus frontalement politique, critique sociale directement adressée à l’Amérique d’aujourd’hui.

Extrait de « I’m still free »

Josh Haden a redécouvert un certain nombre de classiques du rock et du blues lorsqu’il avait 20 ans. C’est cette fascination pour la beauté et l’écho universel des paroles du blues, parfois très fleurs bleues, toujours très simples. Tout particulièrement celles des chansons de John Lee Hooker qui irriguent inconsciemment sa façon d’écrire.

Extrait de « Without a sound »

Romantisme rock, folk, soul ou country, la musique de Spain agit comme un merveilleux anesthésiant qui attenue la perception parfois douloureuse que l’on peut avoir du monde extérieur tout en aiguisant notre réceptivité à la valeur du sentiment. Un joli paradoxe.

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