Voici le troisième album du groupe belge Girls in Hawaii, dont le titre Everest est bien plus qu’une métaphore

Chercher l’altitude à tout prix, retrouver le sens de la hauteur inexorablement, connecter avec le ciel pour être au plus près des esprits vagabonds, de la couleur humaine de ces chers disparus comme Denis, le batteur originel du groupe, mort tragiquement dans un accident de voiture il y a trois ans. C’est donc à la fois caressé et bousculé par la résistance des neiges éternelles, que le groupe va goûter au vertige créatif du miracle de la résilience

Extrait de « not Dead »

Le groupe a délaissé les ambiances humides et boisées, pour aller traquer la lumière des groupes épiques. La mort, la disparition, le manque hantent le disque comme un moteur à réactions. Comme si le groupe avait soudain réalisé que le bonheur apparent se conjugue plus facilement aux émotions plaintives. Ici la réalité sombre de leurs vies n’a pas donné d’autres choix que de prendre le parti de l’énergie et de la réinvention

Extrait de « we are the living »

Ce sont aussi les mystères liés au destin qui traversent l’inspiration des chansons. Retour sur les pentes escarpées de l’Everest pour évoquer l’histoire dans les années 20 de deux alpinistes disparus à 300 mètres du sommet, sans que jamais l’on ne sache s’ils ont pu effectivement atteindre le pic de la gloire

Extrait de « mallory’s heights »

Le groupe Girls in Hawaii creuse ce temps singulier propre à ce pays étrange et mystérieux où la terre et le ciel sont intrinsèquement liés. Avec leurs chansons ils semblent répondre à l’interrogation de Marguerite Yourcenar sur la mort : « Personne ne sait encore si tout ne vit que pour mourir, ou ne meurt que pour renaître. » En 11 chansons aériennes et poétiques, Girls in Hawaii nous offre sa réponse. Implacable et belle.

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Everest © Radio France
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