Ce matin, retour en décembre 1965, date de la première élection présidentielle au suffrage universel direct de la cinquième république… pour savoir quels étaient les chanteurs qui arrivèrent en tête dans les hits parades de l’époque.

C’est donc le 5 décembre 1965 que se déroule le premier tour de l’élection présidentielle. Une élection au suffrage universel direct ratifié par referendum en 1962 suite à la proposition du Général de Gaulle. La France de Salut les Copains vient de marier Johnny et Sylvie, ses deux enfants terribles le 12 avril 1965 à Loconville. En disant oui pour le meilleur et pour le pire, le rock rentre symboliquement dans le rang. On peut penser que l’ordre établi est immuable. Et lorsque paraissent les premiers résultats de l’élection à la télévision, Johnny chante « le diable me pardonne ».

Extrait de « Le diable me pardonne » de Johnny Hallyday

Johnny en tête du hit parade du mois de décembre 1965 alors que De gaulle est mis en ballottage par François Mitterrand Cette année là, déjà on ne parle plus que de cela. C’est le Poulidor du rock, le versant gauche de Johnny qui prend la mesure du changement qui s’annonce.

Extrait de « S’il n’en reste qu’un » d'Eddy Mitchell

Eddy Mitchell nous prévient : « s’il n’en reste qu’un – rocker- il sera celui là. En effet à travers les deux compétiteurs chanteurs qui pointent en tête au mois de décembre 1965, témoin d’une France immuable, on sent tout de même effectivement que le mouvement yéyé vit ses derniers moments de grâce. Avec la guerre du Viet Nam la contestation fourbit ses armes et les protest song ne vont plus tarder à se faire entendre. C’est ainsi que le troisième homme qui s’impose en 1965, est le traducteur officiel de Bob Dylan. Celui tourne en dérision l’Amérique profonde et donne l’occasion à Hugues Aufray de faire entrer les noms de Fidel Castro et les communistes au hit parade.

Extrait de « Cauchemar psychomoteur » par Hugues Aufray

Mais ce mois de décembre 1965 voit pour la première fois les idées écologistes trouver un écho grâce à Jean Ferrat qui fait une entrée remarquée dans le bal des prétendants pour finir par les surpasser en février 1966.

Extrait de « La montagne » de Jean Ferrat

« Le monde et les temps changent » ». C’est ce que dit Dylan outre-Atlantique et que Auffray va habilement relayer dans l’hexagone. Ce qui ne change pas finalement c’est que le 19 décembre au deuxième tour de l'élection présidentielle, le Général de Gaulle l’emporte avec 55, 20% contre 44, 80% à François Mitterrand. Mais là où en politique l’alternance paraît encore un vœu pieu, en chanson elle va arriver plus vite que prévu par la voix insolente d’un certain Antoine qui n’aura qu’un programme : la mise en vente de la pilule dans les monoprix et la mise an cage de Johnny à Médrano. Oh yé.

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