C’est le grand retour de Phoenix, l’un des groupes français les plus populaires au monde. Rappelons qu’en 2010, ils ont reçu un grammy award, l’équivalent de nos victoires de la musique aux Etats-Unis, et qu’ils ont rempli le Madison Square Garden de New-York. C’est déjà leur cinquième album studio, qu’ils ont intitulé « Bankrupt ! »

Comme un défi frontal, le groupe Phoenix, auréolé d’un succès sans précédent baptise son album « Bankrupt ! » en pleine récession économique. Ces quatre garçons dans le vent ont mis volontairement la faillite dans leur ligne de mire pour exorciser la peur de perdre le succès, ce capital sans intérêt, qui peut vous échapper le plus facilement. Alors le groupe joue le trop plein par peur du vide comme en témoigne le premier single qui ne laisse aucune place à l’air libre.

Extrait de « Entertainment »

L’album né dans une certaine douleur retrace le besoin de renouer avec des sensations adolescentes. Comme lorsque l’argent et la célébrité restaient encore des fantasmes de gosse qu’on ne pense jamais pouvoir vivre. Alors ils ont acheté un synthé des années 80 en Australie pour une vingtaine d’euros et la console qui a servi à l’enregistrement de Thriller de Michael Jackson. On entre dans la légende d’un making of où Phoenix peut renaître de ses cendres, motivé par la mythologie des albums qui font cohabiter la sophistication des effets avec la tentation naturelle du bling bling.

Extrait de « SOS In Bel Air »

« Bankrupt ! » est un album qui demande un peu plus de patience pour être réellement écouté comme il se doit. Mais l’attrait irrésistible pour la chanson qui fait mouche existe toujours comme en témoigne le très solaire « Trying To Be Cool ».

Extrait de « Trying To Be Cool »

C’est aussi un disque plus libre. Moins spontané certes, Phoenix semble avoir cherché comment éviter l’écueil de la redite, assumant ses démons de l’exploration sonique comme dans la pièce majeure de l’album, morceau de bravoure de 6’57 qui commence comme une pièce électronique de Tangerine Dream pour finir en élégie californienne de toute beauté.

Extrait de « Bankrupt »

L’album a été réalisé par Philippe Zdar, le cinquième membre du groupe qui a beaucoup fait pour sauvegarder l’âme adolescente retro-futuriste du groupe qui n’a pas oublié les pouvoirs de l’oiseau de feu.

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