C’est le retour du groupe Blankass après presque un quinquennat d’absence. Le groupe originaire d’Issoudun qui a signé quelques beaux succès dans les années 90 revient avec un cinquième album studio intitulé « Les chevals ».

« Il n’y a pas de rencontre au hasard, il n’y a que des rendez vous ». C’est ce que chante le groupe Blankass en ouverture de son disque. Comme une métaphore à l’adresse de son public qui ne s’attendait peut-être pas à retrouver le groupe renaitre et affirmer dans une matrice plus pop symphonique que folk, la volonté farouche de laisser une empreinte.

Extrait de « Empreinte »

Mais quelle mouche a donc piqué le groupe pour baptiser son album « Les chevals » ? Mise à part une admiration pour l’humour loufoque des Monthy Python, cette faute de français signifie qu’il faut sûrement avoir une bonne dose d’inconscience enfantine pour poursuivre son chemin de croix sur la route du rock lorsque la quarantaine a sonné. Il s’agit de retrouver la légèreté après des années de doutes, quand l’envie de raccrocher ou de poursuivre sa route en solo donnait le vertige. Et puis, un jour, il y a toujours ce satané riff de guitare qui vous rattrape et qui vous donne l’impulsion pour recommencer, en s’inspirant du destin d’un catcheur mexicain, ancien clandestin devenu champion du monde.

Extrait de « King of the world »

Blankass c’est d’abord ce noyau dur formé par les deux frères Guillaume et Johan Ledoux qui ont marqué l’histoire du rock français en devenant Zéro de conduite, le plus jeune groupe de punk au début des années 80. Ils ont 9 et 11 ans, ils sont No future jusqu’au bout de leur crête, ils jouent devant les Clash, U2, Gun Club, ou François Mitterrand. Cette histoire unique va forger le destin des deux frères et témoigne surtout de l’extraordinaire sincérité de leur engagement au service du rock. La preuve, dans ce nouveau disque, élégamment mixé par Mark Plati, connu pour son travail au coté des Rita Mitsouko ou de Bashung.

Extrait de « Killer Inside »

Et c’est la voix de Churchill qui clôture leur disque « allez, dormez bien, rassemblez vos forces pour l’aube, car l’aube viendra ». Blankass poursuit sa traversée du désir. Deux frères qui sous leur apparente virilité rock’n’rollienne courent toujours après un idéal qu’ils ont fini par attraper.

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