« Le soleil brille… Pour tout le monde ? » Est il écrit avec un très visible point d’interrogation. C’est le titre de cet album. S’en suit un inventaire à la Prévert, version rouge colère ascendant lutte des classes. Monsieur Prévert entré au patrimoine de l’éducation nationale avec ses Paroles et ses jeux infinis avec la langue française, sort des préaux des écoles pour rejoindre son clan natif des insoumis grâce à Nevchehirlian en équilibriste entre slam et rock.

Extrait de « Travailleurs attention »

Avant Prévert, il y eu le groupe Vibrion, agitateur littéraire dont Nevchehirlian fut l’homme pressé. Aujourd’hui avec la complicité de la petite fille du poète, Eugénie Bachelot Prévert, il a donc exhumé des textes qui dessinent le portrait un peu oublié d’un Prévert militant, insurgé dont la pensée politique était bien plus qu’une posture poétique. C’est à la source de l’enfant qu’il fut, que l’on découvre de façon assez bouleversante que sa révolte fut son premier cri.

Extrait de « Maintenant j’ai grandi »

Dans un contexte politique et économique dépressif, cet album a trouvé sa chambre d’écho. Nul doute que l’on pourrait se plaire assez facilement à récupérer cette poésie enragée du côté d’un Mélenchon tatoué au front de gauche. Mais le Prévert mis en musique par Nevcherhilian se situe davantage aujourd’hui du côté des indignés, ceux qui assis par terre sur le trottoir d’à coté ne sont pas encore fatigués et ont dans le cœur de quoi s’émouvoir. L’utopie du poète en marche est le carburant de la rage. Comme chez Jacques Brel 32 ans plus tard, il est déjà question de « ces gens là ».

Extrait de « Il ne faut pas rire avec ces gens là »

La voix caressante de Nevcherhilian réveille la colère du tendre Prévert dans un disque de velours.

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Jaakko Eino Kalevi

Fortune

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