Ce matin vous nous présentez le sixième album de Clarika qu’elle a baptisé « la tournure des choses » au moment où elle s’apprête à fêter déjà ses 20 ans de carrière.

Extrait de « Oualou »

Elle chante que « à l’échelle du grand tout, on est que dalle, on est nada, on est rien du tout ». C’est tout Clarika, le genre même de la chic fille, la fille d’à coté qui ne sera jamais, allez savoir pourquoi, la femme d’à côté. En effet, pas fatale pour un sou, Clarika a éprouvé le concept de la normalité bien avant que celui-ci devienne un standard pour gagner. Elle observe son monde et ses contemporains du haut de son quotidien qui avec le temps qui passe ravage les certitudes et déploie une furieuse nostalgie. C’est dans ce registre regretteur, très en demi-teinte que l’auteur Clarika passe peu à peu ses couleurs d’origine à la machine. « La tournure des choses », c’est ce moment où la nostalgie ronge l’insoutenable légèreté de la modernité.

Extrait de « J’veux des lettres »

Clarika chante que c’était mieux avant mais au bout du compte elle se rie elle-même de la nostalgie érigée en système. On sent confusément une Clarika qui se bat avec elle-même, qui tente de ne pas se faire rattraper par ce qu’elle a fui toute sa vie artistique. Ce truc des chanteurs qui ressemble à de la posture, ce besoin d’être dans le bon goût à tout prix. C’est là que l’album révèle une faille. Comme si Clarika avait peur d’elle-même, elle lutte jusqu’au bout avec son audace naturelle et fatalement le vernis finit par craquer.

Extrait de « Tout est sous contrôle »

Clarika semble aussi vouloir se satisfaire de sa position d’éternel outsider. C’est dommage, car lorsqu’elle trouve le bon angle pour écrire, elle fait mouche comme peu d’auteurs savent le faire. On le constate encore lorsqu’elle s’imagine dans la peau d’un mec. C’est déjà dans cette attraction pour les mystères ambivalents de la virilité qu’elle avait donné le meilleur en observant « les garçons dans les vestiaires ». Elle réitère cette fois ci dans « fais-moi mâle ».

Extrait de « Fais-moi mâle »

Clarika sait aussi que c’est sur scène que la tournure des choses prend une autre dimension. Affranchie et libérée de toutes ses peurs du quotidien, c’est une autre qui se révèle à nous. Une chanteuse qui ne rêve plus sa vie, heureuse de vivre tous ses rêves.

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