La musique est aux couleurs de la Tunisie et plus particulièrement, aux couleurs de ce vent d’espoir musical qui a soufflé depuis la révolution du jasmin.

Extrait de « Enti Essout »

« Enti essout », en Français : « tu es la voix » est un chant collectif porté par 10 voix, venues d’horizons musicaux différents. Des artistes qui ont agi avant, pendant et après la révolution du jasmin pour sensibiliser la jeunesse au vote démocratique. Cette initiative forgée dans l’élan et la ferveur, avec les moyens du bord est aussi révélatrice de la force facebookienne de ces révolutions arabes puisque c’est aussi sur la toile que les paroles de liberté et de mobilisation ont surgi. Mais pas seulement. Comme en témoigne le parcours de Emel Mathlouthi née à Tunis en 1982, qui avant même le soulèvement tunisien de l’année dernière se présente depuis ses débuts dans la musique comme une fille spirituelle de Joan Baez et des chanteurs révolutionnaires du monde arabe des années 70 notamment Cheikh Imam.

Extrait de « Kelmti Horra »

Dans cette chanson Emel dit : « je suis de ceux qui sont libres et qui n’ont pas peur, je suis des secrets qui jamais ne meurent je suis la voix de ceux qui ne renoncent pas je suis libre et ma parole est libre. » Il faut voir sur Internet, ces images d’Emel Mathlouthi au cœur de la foule pendant les manifestations du mois de janvier 2011 sur l’avenue Habib Bourguiba se lever et chanter ses paroles, une bougie à la main sur fond de rumeur d’une foule qui gronde. C’est bouleversant. Comme s’annonce la sortie de son album en janvier 2012 où Emel a composé 12 chansons autour du thème de la liberté. En exclusivité voici un extrait de « Dhalem ».

Extrait de « Dhalem »

Hier soir Emel Mathoulthi postait sur son facebook je cite : « le plus beau rassemblement de doigts bleus » pour s’émouvoir de la mobilisation du corps électoral montrant son index taché d'encre bleu, procédure choisie par la commission électorale tunisienne pour éviter les fraudes. Si la jeunesse tunisienne est fière de ses racines, elle cherche aussi à exprimer son énergie dans tous les styles. Le rap a été l’un des fers de lance de la contestation musicale avec Hamada Ben Amor, dit El Général, qui en s’adressant directement à Ben Ali, responsable de la misère du peuple contraint de manger dans les poubelles, fut arrêté par le pouvoir agonisant puis libéré sous la pression populaire. Depuis il est l’un des symboles de cette résistance musicale tunisienne.

Extrait de El Général : « Contre attaque »

Le rappeur a été élevé par le magazine Time au rang des 100 personnalités les plus influentes dans le monde. Lui, dit : « Je ne parle pas de moi même. Ce sont mes titres qui parlent et qui combattent à ma place… » Sur son facebook il écrit toujours « n’oubliez pas d’aller voter, c’est un devoir pour chaque tunisien libre fière de notre révolution ». Il a été entendu.__

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