Voici le nouvel album du groupe américain Calexico, originaire de la ville de Tucson, de retour après quatre ans d’absence avec un nouvel opus baptisé « Algiers », nom d’un quartier de La Nouvelle-Orléans.

Algiers, Alger en Français est effectivement un quartier sur la rive du Mississippi de La Nouvelle-Orléans où a été enregistré ce nouvel album studio. Un titre comme une sorte d’étrange révélateur de l’humeur de cet album traversé à la fois par des tragédies humaines et des secousses de l’Histoire qui donnent encore à espérer. Calexico aime revendiquer cette idée d’un hommage accidentel aux printemps arabes alors qu’il n’en n’est rien. C’est une façon d’offrir une lumière inespérée à un disque profondément mélancolique porté comme toujours par de lourdes interrogations métaphysiques.

Extrait de « Splitter »

Le groupe Calexico confie avoir été dévasté par la tuerie de Tucson en janvier 2011. Leur amie Gabrielle Giffords, une représentante démocrate au Congrès, a été grièvement blessée. Elle participait à l’opération « Congress on your corner » qui consiste à rencontrer des citoyens et les écouter. Le contraste entre cette démarche d’ouverture politique et l’absurdité violente qui consiste à acheter une arme automatique pour tirer à bout portant sur 7 personnes parle de cette Amérique que Calexico met en musique album après album. Cette sourde urgence permanente, cette violence des contrastes est la définition même de la musique émigrante de Calexico.

Extrait de « Para »

Guitares graissées au cambouis, cuivres mariachis, le tacos musical de Calexico reste identifié par cette inclinaison consciente de la situation géographique. Calexico invente depuis ses débuts en 1996, une musique de frontière, sans frontières, qui narre une réalité de l’émigration qui semble immuable. La majorité des Mexicains qui traversent la frontière sont toujours à la recherche du rêve américain. Le groupe Calexico est le porte-voix qui continue d’interroger ce rêve. Avec la langue espagnole qui parfois parle le mieux d’amour.

Extrait de « No te vayas »

Le groupe Calexico a volontairement choisi de changer d’air pour enregistrer ce disque. De Tucson, ville blessée à La Nouvelle Orléans, ville en reconstruction. Du deuil à la réparation. C’est exactement ce chemin psychologique que raconte ce très bel album.

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