Ce matin, vous nous présentez le troisième album de l’auteur-compositeur Stéphane Bossard alias Bo. Bo, comme le surnom qu’on lui a souvent donné et qui est une façon pour lui de jouer avec l’idée du raffinement et de l’impertinence.

C’est un artiste qui s’auto-définit comme égo maniaque, avec la moue un brin boudeuse de celui qui ne se prend pas au sérieux. Il a baptisé son nouvel album « Schyzopolis », comme si son disque était la cité privilégiée d’un bric à brac musical foutraque où les styles musicaux divergents feraient la culbute sur sa console d’enregistrement. Bo est audacieux, ne recule devant rien, comme un Gainsbourg en proie à des visions dans l’eau de seltz, il n’hésite pas en guise d’entrée en matière à dire qu’il se prend pour Dieu.

Extrait de « Je suis Dieu »

Bo, du haut de son ego trip, joue de tout. De lui comme de ses contemporains. Ainsi convoque t’il dans son petit monde une galerie de musiciens avec lesquels il entretient une sacrée double vie : Lou Reed, Berlioz, Thélonious Monk, Billie Holiday. Ses chansons sont à son image. Décomplexées, luxuriantes, et surtout très arrangées, elles ne connaissent pas la crise. Tenues de soirées exigées pour ses compositions qui témoignent d’un devoir de mémoire, comme s’ils elles avaient éprouvé le besoin d’emprunter le passage piéton qui mène à Abbey Road.

Extrait de « Saké »

Les chansons de Bo sont conçues comme de petits sprints plumitifs où la langue de Shakespeare croise parfois des rimes très françaises. Visions hallucinogènes, voyages imaginaires au pays du soleil levant, le rêve de fesses qui rebondissent sur du Berlioz, un docteur gourou des idiots, et même un blues pas très orthodoxe. Loin de la posture du chanteur qui s’écoute, Bo signe un album qui malgré tout ne joue pas la séduction immédiate. En choisissant d’être volontairement hors des clous d’une chanson française sentimentale, et loin des codes concernés par les émois du moi, Bo renoue avec un dandysme éclairé.

Extrait de « Berlioz »

Bo a beau être beau, il signe surtout avec son troisième album un beau travail issu de son labo qui accrédite comme le disait Baudelaire, que le beau est toujours bizarre.

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