Ce matin, nous partons à la découverte de Dominique Pinto, alias Dom La Neña, jeune violoncelliste et chanteuse d’origine brésilienne. Native de Porto Alegre, âgée de 23 ans, c’est à Paris qu’elle réside aujourd’hui et qu’elle a enregistré son premier album sous la houlette de Piers Faccini.

Tout est dit dans cette jeune vie, faite d’exil, de besoin de mémoire retrouvée, de souvenirs embués, de rêves merveilleux et nostalgiques, d’inquiétudes qui flottent sur une mer d’exil. C’est la pudeur des sentiments qui semble fonder ce disque de passage.

Extrait de « No meu Pais »

Disque de passage d’une vie à l’autre, d’un déracinement au désir de se retrouver et s’incarner dans un pays d’adoption, de glisser d’une culture classique pleine de promesses mais trop étroite pour elle, à celle de la musique populaire et de la chanson en particulier. On écoute alors les 13 titres de cet album comme on découvrirait un journal intime trouvé par hasard. Un peu gêné de le lire, et sans tout réellement saisir. On sent le souffle du souvenir qui caresse chaque mot, le poids de la mélancolie sciemment allégé par l’archet du violoncelle qui suspend en vol le cœur de ses chansons déracinées. On entre par effraction dans l’intimité d’une histoire gémellaire entre le dandysme bluesy de Piers Faccini et la fragilité de Dom La Neña.

Extrait de « Dessa Vez »

Dom la Neña peut écrire en portugais comme en espagnol presque aussi naturellement. Témoin de cette âme voyageuse, elle excelle tout de même plus fort dans sa vision personnelle de la saudade où au détour d’une chanson elle évoque son retour dans sa ville natale et l’idée tout à coup de se trouver étrangère dans sa propre terre d’origine.

Extrait de « Saudade »

Ce déracinement perpétuel a produit un petit miracle. C’est la musique puis aujourd’hui les chansons qui ont forgé son pays idéal. Une patrie imaginaire où viennent résider pour un court moment des visiteurs comme la chanteuse Camille.

Extrait de « Vocé » (avec Camille)

Dom la Neña parle de ces chansons comme des constructions fragiles, comme des châteaux de cartes où chaque élément a sa place. A l’écoute de ce disque on se fait auditeur prévenant, faisant tout pour ne pas rompre cet équilibre irrésistible.

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