Dans le cadre de votre semaine consacrée aux artistes féminines, vous nous présentez l’une des figures mythiques de la chanson française. Juliette Gréco qui revient à 85 ans avec une autobiographie et un tout nouvel album inspiré par les ponts de Paris.

Gréco est vivante et elle s’amuse. Fière d’être une femme toujours debout, une femme qui aime dire non, libre de ses combats comme on peut l’être de ses mouvements. Celle qui s’est toujours considérée comme la servante des auteurs revient avec un album où l’on croise des romancières d’aujourd’hui comme Marie Nimier ou Amélie Nothomb, des écrivains comme Philippe Sollers et des petits nouveaux comme François Morel.

Extrait de « Le petit pont »

La muse de Saint-Germain-des-Prés, celle qui fit de la femme libre une révolution de velours n’a pas finit de s’émanciper. Il n’y a pas d’âge pour se sentir embarrassée par son costume de légende vivante. Gréco le trimballe avec elle depuis 50 ans. C’est ainsi qu’elle garde cet humour de la distance qui la rend si précieuse. Toujours affamée, elle ose encore se mettre en danger, et traquer cette jeunesse en mouvement dont elle fut l’incarnation à une époque où la jeunesse précisément n’était pas reconnue comme une imparable fondation. Dans son nouvel album, elle partage le micro avec le rappeur Féfé et le séducteur Marc Lavoine.

Extrait de « C’est la la la »

« Les ponts, ça se traverse et c’est beau » justifie ainsi Gréco pour parler de cette thématique qui traverse son nouveau disque. Grâce à la délicate écriture de Marie Nimier, le pont peut aussi devenir le symbole du désespoir humain lorsqu’une jeune fille décide de sauter du Pont Marie. Il n’y a alors que l’interprétation poignante d’une Gréco pour tenter de l’en empêcher.

Extrait de « Pont Marie »

Les chansons de l’album sont comme toujours composées par Gérard Jouannest, le compagnon de route de Gréco qui elle signe – fait rarissime à la fin du disque un texte écrit par elle-même. « La misère s’endort comme elle peut sous les ponts/ L’hiver finira bien par nous offrir le printemps/ et les filles dévêtues sur les quais/ gourmandes de soleil. Peut être que tout n’est pas perdu. » Gréco viscéralement optimiste, amoureuse de la vie.

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