Ce matin, vous nous présentez le premier album éponyme de Jake Bugg. Originaire de Nottingham et âgé d’à peine 18 ans, ce musicien auteur-compositeur-interprète est déjà au sommet des charts en Angleterre. 35 000 exemplaires vendus, dès la première semaine de sa sortie.

Une gueule d’ange à qui l’on ne donnerait pas pour autant le bon Dieu sans confession. Une vraie belle dégaine de rock star qui porte sa jeunesse extrême comme un étendard. Jake Bugg, né Jacob Edwin Kennedy possède déjà dans sa musique naissante les influences d’un musicien qui aurait grandi, souffert et peut être même aimé au XXème siècle. Les influences ici se ramassent à la pelle. Donovan, Bob Dylan, Robert Johnson, qui dit mieux.

Extrait de « Lightning bolt »

Ce premier album de Jake Bugg suinte par tous ses pores le parfum d’une Angleterre urbaine, plutôt périphérique, à cheval entre les utopies en ruine d’une terre promise aux logements sociaux et les rêves ancrés dans la génétique masculine anglaise d’une sortie de crise par le football ou le rock. Ce disque n’a pourtant rien du cri primal d’une adolescence en quête de revanche sociale. 14 chansons courtes (rarement plus de 3 minutes) célébrant le format pop ultime, traduisant aussi chez le jeune homme une détermination et le culte du travail bien fait. Sans détour, sans chichis, la chanson, rien que la chanson comme au bon vieux temps du rockab’ qui venait graisser les blousons noirs…

Extrait de « Taste it »

Ses chansons pourraient aussi constituer la bande originale idéale rêvée pour le cinéma de Ken Loach. Elles ont aussi cette vertu qui n’appartient qu’aux commencements. Cette énergie du désespoir amoureux du garçon sauvage qui cherche à échapper aux questions sur son identité musicale et sensuelle.

Extrait de « Broken »

Jake Bugg n’est pas simplement un enfant rongé par la nostalgie. C’est grâce à Internet qu’il découvre l’histoire de la musique. Sa légende est en marche puisqu’aujourd’hui on sait qu’il a appris à chanter sur son lit je cite « en regardant les vidéos sur Youtube de Johnny Cash pour les graves et les Beatles pour les aigus ».

Extrait de « Note to self »

L’album de Jake Bugg est assez représentatif d’une génération écartelée entre le désir d’inventer et le besoin de réinventer. Brillant parce que suffisamment désinvolte. Juste parce que joliment innocent. Cette volonté de construire un univers avec de vrais matériaux qui ont déjà fait leurs preuves nous donne déjà envie d’observer comment ce jeune garçon ombrageux va construire sa charpente.

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