Cette semaine sort le troisième album de la chanteuse Pauline Croze que l’on a découverte en 2005. Et il se sera fait attendre, puisqu’il nous parvient après cinq longues années de silence.

Dès ses débuts pourtant fracassants, on le savait, on le sentait. Pauline Croze n’est pas une artiste comme les autres. Ni un objet de buzz, ni une chanteuse arquée sur une posture et l’ivresse de sa représentation. Pauline Croze est une écorchée vive, qui pour oser chanter, doit être sûre de son inspiration. Après son deuxième album, le temps fut très long pour retrouver le goût de l’écriture. Il y eut alors des remises en question pas toujours simples, des instants de vertige où l’envie de partir ailleurs définitivement fut si forte, que la chanson aurait pu perdre cette voix si singulière qui chante dans son nouveau disque « les heures creuses ».

Extrait de « Heures creuses »

Nous avions laissé en 2007 une Pauline Croze incandescente et épanouie, portée par un deuxième album audacieux et vibrant qui laissa pourtant son public quelque peu dubitatif, comme perdu dans ses repères. C’est injuste car la prise de risque était à la hauteur d’une Pauline Croze, chercheuse de sons et de mélodies en sous sol, qui ne sortent à l’air libre qu’au contact de sa voix d’étincelles. Ce troisième album semble plus craintif et plus sage, comme calé à bonne distance des bandes d’arrêt d’urgence, que Pauline a toujours franchi avec sa voix et sa violence intérieure. On cherche à retrouver ce sentiment là, et lorsqu’on le débusque, on flanche à nouveau.

Extrait de « Ma rétine »

Pour se rassurer Pauline Croze a sollicité quelques artistes venus entretenir son désir. Vincent Delerm et Ignatus entre autres, ainsi qu’Edith Fambuena qui avait déjà réalisé le premier album. Il y a aussi toujours des moments d’Afrique qui soignent les blessures, des effluves de Brésil, pour guérir des incertitudes du sentiment amoureux. Pauline seule ou presque nous retrouve alors comme on l’aime.

Extrait de « Cicatrice »

Ce troisième album s’intitule « Le Prix de l’Eden ». On comprend assez nettement ici que l’éden était de pouvoir passer outre le syndrome d’Icare qui n’est autre que la phobie de la page blanche. On attend vite d’autres paradis sorciers que seule la voix de Pauline Croze sait envoûter.

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