Voici le premier album solo de Jack White, l’ancien leader du groupe The White Stripes, groupe séparé depuis plus d’un an. L’album s’intitule « Blunderbuss » et c’est selon vous, un coup de maître.

Extrait de « Sixteen saltines »

Jack White est comme ça. Il ne semble pas vouloir tout à fait décevoir les fans des White Stripes. Avec cette mise en bouche très électrique, il honore l’appétit de tous ces apprentis guitar heroes nostalgiques qui ont rêvé un jour d’être de furieux pyromanes avec leurs guitares en jouant l’hymne stadium des White Stripes. Non, ce disque n’est pas le prolongement de l’épopée héroïque et fantastique du groupe. Nouvelle naissance. C’est un recommencement qui s’est écrit et enregistré à Nashville, et finalement, Jack White fait le chemin à l’envers : du rock au blues comme tant d’autres petits blancs becs américains, qui semblent avoir une dette de reconnaissance vis à vis d’une musique identitaire.

Extrait de « Blunderbuss »

Avec Jack White le blues est bleu, ce bleu nuit qui illustre visuellement sa pochette. Ses chansons parlent de sa psyché, de cette violence qui embrase les relations hommes femmes victime de leurs pulsions amoureuses. C’est souvent poignant, parce que sans concession. L’amour est cannibale, dévorant, passionnel.

Extrait de « Love interruption »

Il y a, bien sûr, toujours la guitare mais c’est le piano sous toutes ses formes qui explose : bastringue, jazz, country, rythm’&blues et rock. Il donne la couleur à ce disque foisonnant. Comme si chaque morceau était d’ailleurs le dernier que Jack White pouvait écrire, l’urgence souffle les braises sur des arrangements dont la chair est à vif. Souvent cela résonne comme une suite de standard du rock à l’image de ce clin d’œil très stonien.

Extrait de « Trash tongue talker »

Un album d’une sauvagerie prenante, souvent émouvante. Avec ce premier album en solo de Jack white, on renoue avec le sentiment qui fut le notre lorsque nous découvrions à l’adolescence ce genre de disque. Classique dès le jour de sa naissance.

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