Ce matin, vous nous présentez le nouvel album d’une légende de la musique africaine, le poète chanteur et conteur Pierre Akendengue, né à Aouta, une île située au sud ouest du Gabon…

Avec Pierre Akendengue, on écoute l’histoire d’un pionnier qui a contribué à ouvrir grand nos oreilles à la musique africaine. Petit rappel historique : il siège sur les bancs du petit conservatoire de la facétieuse Mireille et croise, dès 1974, la route de Pierre Barouh et de son aventure humaine et artistique « Saravah » dont la devise était déjà : « il y a des années où l’on a envie de rien faire ». Pourtant Pierre Akendengué lui s’affaire, attaché à la culture de l’oralité et à prôner les vérités d’Afrique, titre de l’un de ses opus majeurs. Cette semaine, sort son vingtième album « Destinée ». L’occasion de rendre hommage aux sons de la forêt de son île natale, et de réaffirmer ses préoccupations écologiques.

Extrait de « Ma forêt »

Pierre Akendengue a intégré dès ses plus jeunes années la diversité des cultures et particularismes africains. C’est sûrement dû en partie à son adolescence passée à Port-Gentil, la première ville cosmopolite du Gabon, cité pétrolière et métissée. Dans son disque, Pierre Akendengué fait une synthèse artistique de toute une vie. Le plaisir du conte, l’amour de la philosophie, le besoin toujours vivace de s’engager pour stigmatiser les dérives du continent africain, mais aussi le simple besoin de faire en sorte que le corps exulte.

Extrait de « Taper le diable »

Beaucoup d’émotions et de détermination transpirent dans ces douze nouvelles chansons. D’aucuns perçoivent cet album comme une œuvre testamentaire. C’est d’abord un disque où l’auteur montre à quel point la langue est l’arme blanche de la mémoire, le lien indéfectible entre la civilisation ancestrale et le monde d’aujourd’hui. Au soir d’une vie, c’est encore une fois l’évocation des souvenirs d’enfance qui trouble. Les pirogues et les chasses aux papillons de son enfance.

Extrait de « Y’a qu’à aimer »

Lors de la remise de sa légion d’honneur, Pierre Akendengue dira dans son discours : « Créer pour moi, c’est rendre au peuple ce qu’il a enfouit en moi de plus cher ». On peut aussi se souvenir que Claude Nougaro lui consacra une chanson : « La voix d’Akendengue, me parle de ma langue / Et ma langue pâle reprend des couleurs / Dans la nuit africaine / étoile du berger, alors je l’ai suivie / jusque sur cette terre / vers le pays du frère / vers la chanson de Pierre / la voix d’Akendengué »

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