Un peu plus d’un an après la révolution de jasmin, la chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi publie son premier album, dont vous nous aviez diffusé, en octobre dernier un extrait en avant-première.

Extrait de « Kelmti Horra »

Ce titre signifie « Je suis libre/ Ma parole est libre » et le chant de jasmin de Emel Mathlouthi ressemble à une voix de révolte qui s’est toujours nourrie à la contestation. A l’adolescence son père, professeur d’histoire à l’université lui enseigne la rébellion à travers la musique de Bob Dylan et de Cheikh Imam, le protest troubadour Egyptien. Emel Mathlouthi ajoutera à ses cordes de guitares les arpèges du rock anglo-saxon avec l’apprentissage des œuvres de Pink Floyd, Led zeppelin ou encore Janis Joplin. Emel Mathlouthi va forger sa conscience révolutionnaire de tunisienne et de femme. Deux socles identitaires de résistance qu’elle va mettre au service de la révolution de jasmin. Elle sample la voix de Ben Ali promettant encore le changement. Elle lui répond « assez » en chantant à la barbe du régime.

Extrait de « Yezzi»

Emel Mathlouthi possède cette voix qui porte et qui transporte au delà même de la réalité de son pays. Habillée par des arrangements où la modernité électronique ne cède rien à la tradition, Emel Mathlouthi écrit ainsi l’histoire jaillissante de la pop musique tunisienne. Entre le trip hop inspiré du groupe Massive Attack avec ses échantillonnages empruntés au mezwed (instrument traditionnel tunisien), et le souvenir de la musique planante des années 70…

Extrait de « Houdou’On »

Dans cette chanson Emel Mathlothi chante « le calme tapi qui pointe vers une mort prête à surgir du tumulte ». De la contestation de l’ordre ancien à la vigilance perpétuelle vis-à-vis d’une démocratie qui trébuche sur sa laïcité, le disque d’Emel Mathlouthi réconcilie l’histoire avec l’émotion, meilleur rempart à des lendemains qui déchantent.

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