Aujourd’hui sort le cinquième album studio de Cali. Un disque qu’il a baptisé « Vernet-les-Bains », du nom de son village où il a grandi au cœur des Pyrénées-Orientales.

C’est un retour aux sources chaudes et apaisantes de Vernet-les-Bains, au pied du mont Canigou. C’est ici que l’on retrouve Cali musardant au contact des parfums de son enfance. La maison où il a grandi, ses rues escarpées, la place du village et son café où l’on étire le temps, le souvenir des institutrices, des amis, d’un premier baiser sous un pont du parc du casino, le rendez-vous de la grotte des amoureux. Comme si Cali, l’insurgé survolté avait eu besoin de couper momentanément le courant. Pour se retrouver simplement éclairé à la douce lumière d’une bougie et pouvoir ainsi ajuster sa vérité.

Extrait de « La grotte des amoureux »

C’est aussi un retour aux sources d’une écriture plus exigeante. Moins épidermique, mais toujours sanguine, avec cette fièvre de l’amoureux qui ne renonce pas. Mais loin cette fois des rêves d’Irlande et des épopées lyriques de U2 qui ont traversé de tentations extrêmes, une partie du répertoire de Cali. C’est un Cali qui se laisse égratigner par les rayons de l’amour, qui gratte jusqu’à l’os ses émotions les plus intenses. C’est Ferré qui frappe à nouveau à sa porte, et qui cogne sur la nostalgie d’un temps qui ne reviendra pas. C’est bien ce Cali à vif et à nu qui s’impose comme un peintre portraitiste qui excelle toujours pour dessiner des profils de femmes rattrapée par l’âge de leurs artères.

Extrait de « Une femme se repose »

C’est aussi Cali revenu de tout et surtout de cette tournée en piano voix avec Steve Nieve qui s’affiche dépouillé de tout avec un album étreint par une mélancolie précise, celle des orages qui éclatent quand l’amour est foudre. Cali tiraillé entre deux feux choisit l’impulsion créative qui mène aux sentiments extrêmes. Nous ne sommes pas loin de « L’amour parfait » et de cette façon si unique que possède Cali pour parler sans détour et avec fracas des amours assassines.

Extrait de « Amour m’a tué »

Une tonalité d’ensemble sans concession que Cali aime conclure par une bonne dose d’autodérision. Imaginer un « happy end » où quelques collègues chanteurs viennent lui faire la leçon pour lui conseiller de chanter des chansons un peu plus gaies. C’est réjouissant mais on comprend Cali. « Le bonheur est du chagrin qui se repose » comme le chantait Léo Ferré

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