En cette rentrée, Didier Varrod revient sur quelques albums qui sont parus au cœur de l’été. On commence par une réédition sortie le 15 juillet dernier, du double album d’un monstre sacré de la chanson italienne.

Adriano Celentano
Adriano Celentano © Reuters / Alessandro Garofalo

Extrait de « 24 000 baci »

C’est donc Adriano Celentano qui dès ses premières apparitions, entre sur scène, dos au public. Balançant entre mimiques à la Jerry Lewis et ondulations pelviennes du King Elvis, Celentano incarne alors au cinéma comme dans la chanson une idole des jeunes à la mode transalpine. Considéré comme un provocateur, baptisé « Mollegiato », littéralement « monté sur ressort », Adriano Celentano devient culte en rendant hommage à son enfance milanaise dans ce qui deviendra l’un de ses plus grands standards. Nous sommes en 1966 et en pleine euphorie yéyé, il hausse le ton à l’italienne, brocardant dans son texte l’urbanisation sauvage, les banlieues dortoirs, la fin d’un monde où la nature serait reine. C’est la chanson de tout un peuple italien désormais uni derrière son icône.

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Extrait de « Il ragazzo della via Gluck » (live)

En 1961, il nargue le show biz en créant son propre label, produisant ses disques. Plus tard, il s’amuse de l’emprise américaine sur le rock faisant un tube imparable avec une chanson dont les paroles sont écrites en yaourt.

Extrait de « Prisencolinensinainciusol »

Le titre composé de 25 lettres reste imprononçable pour les animateurs radios que nous sommes…

En 1976 Celentano est numéro 1 en Europe avec Svalutation, tube inspiré de la crise du choc pétrolier : l’essence coute plus cher chaque jour/ Alors que la valeur de la lire baisse et s’engouffre/ en changeant de gouvernement rien ne change là haut/ Il y a un trou dans l’état d’où l’argent tombe/ avec le salaire d’un mois/ On ne se paie qu’un café/ Les stades de foot sont bondés mais où allons nous/ Dévaluation dévaluation.

Extrait de « Svalutation »

A 74 ans, Celentano monument national italien, est sorti en mars dernier de sa retraite. Devant 16 millions de téléspectateurs italiens, il a étrillé le trouple Merkel Sarkozy Monti désignés comme étrangleurs de la Grèce. Il harponne surtout l’hypocrisie des deux plus grands journaux catholiques italiens. « L’urlatore » comme il fut aussi désigné hurle toujours. Et c’est tant mieux.

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