Ce matin nous présentons le premier album de Rover. Un nom qui n’est pas un hommage à la marque de voitures bien connues mais qui vient plutôt du verbe anglais « to rove » qui signifie errer.

Et cette errance a été, c’est le moins que l’on puisse dire, formatrice pour ce garçon qui pour l’état civil se nomme Thimothée Régnier et qui a fait ses premières armes en tant que producteur alors qu’il s’était installé au Liban où vivait son frère. Ce qui frappe c’est le contraste saisissant entre un physique de baraque, une sorte de double du Danton incarné par Depardieu dans le film de Wajda et cette voix qui des abysses de l’enfer peut tout à coup tutoyer les anges

Extrait de « Tonight »

Né sous l’arc inspirant de Brian Wilson, Rover a fait de l’album Smile des Beach Boys une sorte de manuel d’éducation sentimentale et musicale. On sent aussi que David Bowie a du peupler quelques uns de ses rêves tourmentés. Il y a beaucoup de contrastes dans cette pop enregistrée à l’ancienne, presque toujours dans les conditions du live, avec l’envie de garder les accidents de parcours, les tensions des prises de son transcendées en moment de grâce

Extrait de « Silver »

Une première guitare à l’âge de 7 ans, puis la basse, le piano, des voyages, beaucoup de voyages jusqu’à ces trois années passées au Liban où il apprend au contact de la jeunesse libanaise la vie à toute vitesse et à tout prix. Sous les bombes son expression artistique est devenue une défense armée, brute et blanche à la fois, quelque soit son inspiration.

Extrait de « Champagne »

Avec l’argumentaire qui accompagne le disque de Rover, on le découvre surgissant des eaux d’un lac, perdu dans une nature qui impose sa loi, ses cycles et ses fantômes. Dans ce premier album, Rover a réussi à faire danser les fantômes. C’est la nature dont le chanteur gladiateur est un enfant déjà très grand.

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