Extrait de « Video Games »

Lana Del Rey, cette jeune new-yorkaise de 25 ans qui depuis le mois de septembre dernier, affole la toile, provoque des polémiques d’une rare violence alors même que son disque ne sort que lundi. En avant-première, vous nous présentez enfin son album tant attendu.

Arnaque ou génie ? Telle est donc la question. Si peloton d’exécution il y a, je veux bien accourir pour tenter de délivrer Lana Del Rey qui publie donc la semaine prochaine son album judicieusement intitulé « Born to die » (Née pour mourir) et qui possède toutes les qualités d’un premier très grand album. Sa voix venue des profondeurs de l’invisible virtuel envoute, trouble et s’affirme comme la force motrice de la totalité des morceaux du disque.

Extrait de « This is what makes us girls »

Bien sûr, la production du disque, digne d’un péplum sonore atteste d’une volonté de jouer immédiatement en première division de la pop mondiale. Ainsi les chansons toutes intelligemment architecturées, se présentent à l’image de la cuisine mondialisée en vogue. Comme de la musique fusion et moléculaire. Synthèse entre le hip hop, la soul, l’électro et la pop, ingrédients tous modélisés par la manipulation génétique de la mythologie hollywoodienne sur une icône pop à la féminité outrageante. Tout cela, à l’heure de la dématérialisation de la musique. Toute la force de l’album de Lana Del Rey réside précisément dans cette capacité paradoxale à redonner du corps, de la chair, de la matière physique à une musique née de la matrice lynchéenne sous l’arc de la génération 2.0

Extrait de « Summertime sadness »

Alors bien sûr, on peut toujours s’arrêter à sa prestation gênante lors de la dernière émission de télévision américaine « Saturday night live » qui a accéléré les tentatives de mise à mort au parfum souvent misogyne, venues de l’armée des ombres du net. La musique de Lana Del Rey écrase toutes les plaidoiries pour la défendre.

Extrait de « Million dollar man »

En conclusion, permettez-moi de préférer Lana Del Rey, une mutante capable de produire un album que l’on peut écouter à l’infini, à une lady Gaga, créature certes subversive mais incapable de livrer un album simplement écoutable. A l’heure du net, le choix de l’émotion est encore possible.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.