Aujourd’hui, sort le nouvel album de Bertrand Belin qu’il a baptisé « Parcs ». Un enregistrement qu’il a démarré seul à Dieppe pour ensuite aller à Sheffield, dans un haut lieu du rock anglais, au studio Yellow Arch.

C’est effectivement Bertrand Belin qui joue à se faire peur. A 42 ans, retrouver les sensations que l’on éprouve lorsqu’on penche son corps svelte au bord de la falaise. Un rocker lustré, patiné par le temps se retrouve donc encerclé de jeunes gens de 16 ans qui font du rock comme s’ils allaient mourir demain. L’état d’urgence couve sous le velouté naturel de ce crooner qui aime se déconstruire lui même. Comme si la terre se dérobait sous ses guitares chatoyantes. Devant l’attraction du vide…

Extrait de « Plonge »

Dans ce quatrième album, il n’est presque question que de ces instants T. Celui où l’on plonge, où l’on se dilue à la guerre, où l’on court après l’objet du désir. C’est le disque du moment crucial où tout risque de disparaître. Où la peur de devenir totalement inimaginable est si cruelle qu’elle en devient lumineuse pour prendre la mesure de la belle réalité de son existence.

Extrait de « Comment ça se danse »

Bertrand Belin inspiré pour cette chanson d’une nouvelle de Jack London « construire un feu » nous transmet finalement la simplicité du sens de la vie. Un feu, un parc, une femme, un combat, une ruine, Buddy Holly, la promesse de la jouissance sexuelle, peut être encore et toujours une histoire de petite mort, qui n’est donc pas encore la mort.

Extrait de « Un déluge »

Austère en surface, brûlant et charnel dans ses profondeurs. Depuis le précédent disque, on sait que Belin est hanté par le silence, ce qui pour un chanteur aimanté par son désir pour les guitares est source de questionnements. Il nous enseigne l’improbable. Que rockeur et trappiste sont deux conditions humaines qui vont si bien ensemble. Le mot comme un bruit, ou comme une tâche de couleur sur une toile très blanche.

Extrait de « Capucine »

L’appel du large pour cet enfant de l’océan, c’est de toute éternité la scène. Encore un instant T où le miracle se produit, le seul moment où Bertrand Belin, dandy électrique, n’a peut être plus peur de disparaître.

Bertrand Belin qu’on retrouvera en live dans « On va tous y passer » de Frédéric Lopez et qui, toute la journée, sur France Inter , nous fera découvrir le secret de fabrication de quelques une des chansons de son nouvel album « Parcs ».

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