Ce matin vous nous présentez le deuxième album de l’artiste brésilien Criolo, 36 ans, et l’une des grandes figures du hip-hop de son pays depuis une vingtaine d’années.

« Je fais du rap même quand je n’en fais pas. Le hip-hop est né pour amener l’amour fraternel universel ». Ainsi parle Criolo, né dans le quartier très populaire de Grajau, à la périphérie de Sao Paulo. Un lieu de vie déterminant qu’il qualifie lui-même de « labyrinthe mystique » et qui a forgé sa détermination et son besoin d’être dans un registre musical où la rue est le théâtre de toutes les rencontres. C’est ce que l’on sent immédiatement à l’écoute de ce disque ouvert à tous les sons.

Extrait de « Subirusdoistiozin »

Entre les rimes, l’organisation de battles pour exprimer sa rage et ses envies d’un monde meilleur, Criolo travaille comme vendeur, puis éducateur. Toujours au contact de sa famille, très proche de sa mère qui suivra, anecdote incroyable, la même scolarité que lui dans le secondaire pour pouvoir apprendre à lire et s’émanciper. Criolo est le fruit de cet environnement, de ce lien précieux avec son quartier populaire. Avec ce nouvel album, Criolo a aussi opéré sa propre mutation. Le rappeur est devenu chanteur et il sait s’y prendre pour nous bouleverser.

Extrait de « Nao existe amor em SP »

Le disque étonne par la profondeur de sa réalisation artistique. Il fait en effet entrer en soubassement bossa, samba, afro beat, funk, et même dub tout en gardant une tonalité très urbaine. Sans être dans la fusion démonstrative, chaque titre est comme une histoire qui nous fait entrer dans la modernité complexe de ce pays en ayant la sensation d’entrer par la porte dérobée d’un studio secret.

Extrait de « Mariô »

Criolo est un véritable phénomène au Brésil. Meilleur album, chanson de l’année et désormais adoubé par les figures tutélaires de la musique Brésilienne que sont Chico Buarque et Caetano Veloso qui l’ont reconnu comme la figure la plus importante de la musique brésilienne d’aujourd’hui. Un passeport pour l’éternité.

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