Vous revenez comme hier sur la sortie d’un album paru pendant l’été. Il s’agit de l’album live de Antony and the Johnsons.

Un artiste unique pour une voix humaine qui pourtant semble toujours venue d’un autre monde impalpable. Une voix qui est ici puissamment soulevée par la beauté des arrangements de cordes de l’orchestre national de chambre du Danemark. Dès l’ouverture de ce disque magistral, on découvre un titre inédit écrit à l’origine pour mettre en musique une pièce de théâtre.

Extrait de « Cut the world »

La voix d’Antony Hegarty est un fascinant mystère. C’est la clé des songes et des angoisses d’un animal qui poursuit toujours son identité sans jamais s’essouffler. Une voix comme un instrument ancestral dont on ne connaît toujours, ni l’origine ni le jeu ni le genre. Dès le début de sa carrière en 2000, Antony déploie ses fêlures, bouquet de douleurs profondes parce qu’archaïques offert à la consolation pour sa voix. Le disque nous rappelle ainsi que tout a presque commencé en 2001 avec cette chanson « I fell in love with a dead man ».

Extrait de « I fell in love with a dead man »

De son Angleterre natale, en passant par les Pays Bas jusqu’à New York où il réside, l’apprentissage de Antony est celui d’un autodidacte qui a forgé sa voix et ses convictions en chantant dans les boites de nuit. Il raconte qu’à trois heures du matin dans un lieu où tout le monde était ivre ou chargé de coke, il n’avait pas d’autre choix que de s’imposer avec sa différence et son exigence. C’est toujours ce même principe qui le guide alors qu’il est désormais suivi par des milliers d’adeptes.

Extrait de « Cripple and the starfish »

En 2009, Antony and the Johnsons publie un album qui marque un tournant dans sa vie artistique. Profondément inspiré par le butô, japonais, cette danse du corps obscur qu’il assimile au développement de son imaginaire pour chanter et écrire. Mais également irrigué par son attachement intime à la nature et à l’environnement. « The crying light » est ici revu et particulièrement magnifié ici par les arrangements de Nicolas Muhly.

Extrait de « The crying light »

Baroque, romantique, noir et blanc à la fois, il serait dommage de passer à côté de cet album, sorti le 6 août dernier et qui fait entrevoir une fin d’été en pente douce.

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