Vous revenez sur la sortie la semaine dernière du neuvième album studio des Tindersticks intitulé « The something rain » qui ne pouvait pas échapper à votre sélection matinale.

Car de toute éternité la publication d’un nouvel album des Tindersticks est pour tous les amoureux de musique une sorte de rendez vous avec eux mêmes, Et avec la voix cabossée de Stuart Ashton Staples qui offre à la mélancolie une vertu médicinale de guérison

Extrait de « a night so still »

Syndrome du groupe qui a su provoquer un avant et un après dans l’histoire du rock au moment de la sortie de leur premier album en 1993, on a souvent tendance à considérer qu’avec les Tindersticks, c’est à peu près toujours la même chose surtout depuis leur reformation en 2008, avec simplement pour chaque nouvel opus des variations simplement saisonnières. Et bien non. Cet album est à la fois constant dans sa quête d’exigence artistique et nostalgique dans sa volonté de revenir à la soul blanche du début de la décennie. Mais il se renouvelle profondément dans cette capacité à insuffler un réel lâcher prise, une prime à l’intuition, cette fois dans de longs morceaux construits en escalier. Où leurs fins justifient les moyens de production.

Extrait de « show me everything »

Enregistré à la maison, dans la Creuse, en huit semaines dans le studio que Stuart Staples a fait installer depuis qu’il a quitté son Angleterre natale pour la petite ville de la Souterraine, le disque est le fruit de cette application artisanale. Où l’improvisation naturelle et la volonté d’une production au cordeau sont en dialogue permanent. Album de deuil, profondément inspiré par la perte d’êtres chers, les fantômes qui traversent le disque sont ici rassurants tant il est dit en sous texte que ces disparitions ont forgé paradoxalement la pérennité du groupe.

Extrait de « come Inside »

Dans le dernier numéro du magazine musical « Magic » que je vous recommande et qui consacre sa couverture et un long entretien au chanteur de Tindersticks, ce dernier évoque cette phrase du peintre David Hockney : « Pour être un grand peintre, il faut l’œil, la main et le cœur ». Presque 20 ans après leurs débuts, Tindersticks se lance encore des défis de jeunesse.

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