Voici le nouvel album éponyme de la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan, que l’on avait identifié il y a trois ans sous le nom de Y.A.S lors de sa collaboration avec le producteur électro Mirwais. Avec ce nouveau disque, elle opère un retour aux sources. Un retour aux sources à la fois sensuel, historique, nostalgique et évidemment personnel. Comme en témoigne la relecture d’une chanson des années 40 qui célébrait un Beyrouth debout, insouciant et frivole.Extrait de « Beirut » Cette chanson à l’origine chantée par Omar el Zenneh harponne tout en douceur les dérives du confessionnalisme et la tentation de la société beyrouthine d’antan de plier sous le joug du mode de vie européen. Parce que pour Yasmine Hamdan tout s’est joué à Beyrouth, cette ville maudite comme elle la définit, elle qui y est née en 1976, en pleine guerre civile, contrainte de s’enfuir et de vivre une vie en perpétuel exil. Une seule enfance pour tant de pays et de villes qui l’ont abrité : Aboudabi, la Grèce, le Koweït et à nouveau le Liban. C’est à nouveau Beyrouth, mère douloureuse, fracturée mais bourdonnante et déterminée qui lui enseigne de se construire sur les fondations de la culture et la diversité de la musique arabe.Extrait de « La mouch »

Yasmine Hamdan y vibre au son des chansons des années 30 à soixante, des vieux 78 tours, des chants de jasmin parfois oubliés qui lui donne cette volonté de poursuivre l’érotisation de la musique arabe. Celle qui sait si bien chanter et pleurer l’amour.Extrait de « In Kan Fouadi » L’album est produit avec la complicité de Marc Collin, le géniteur du projet Nouvelle Vague qui redonna aux années 80 une nouvelle légitimité. Ici il habille de subtiles matières, tour à tour vaporeuses ou sombres, la voix troublante d’archéologue de Yasmine Hamdan, étrangère partout.Extrait de « Baaden » Comme le Liban en grand blessé a réappris à vivre, Yasmine Hamdan s’impose comme un symbole de l’unité de la culture arabe, que la real politk voudrait toujours morceler. Un autre beau printemps arabe en 11 grandes et belles chansons. C’est son engagement contre la globalisation culturelle mondiale.

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