Après nous avoir fait découvrir le collectif Fauve en début d’année, vous revenez à la charge cette fois à l’occasion de leur première sortie officielle : un mini-album de six titres qui prolongent l’euphorie de leurs premières productions mises en ligne gratuitement ces derniers mois.

Me croirez-vous si je vous dis que plus d’une fois les larmes me sont venues en écrivant cette chronique au son des chansons de Fauve. Parce que c’est toujours un cri. Un flot de paroles, vaccin contre la mort. La parole comme rempart contre l’ennui. Tout est dit et c’est Fauve qui décrit encore le mieux ce qu’il est train de vivre…

Extrait de « Cock music, smart music/ rag 1 »

Ils sont cinq garçons pas vraiment dans le vent, sans visage ou presque, et sans prénoms. Ils sont Fauve. Animaux qui s’animent à l’image, et pour l’image. Couleurs fauves qui s’éveillent à minuit comme dans les nuits fauves de Cyril Collard. Epopée de la vitesse, esthétique de l’urgence où les héros n’en sont pas, morcelés et divisés comme la société qui les accable. Quel que soit le destin du collectif Fauve, on pourra (plus tard) écouter ses chansons pour savoir, comprendre comment était la deuxième décennie du XXIème siècle.

Extrait de « Blizzard »

Etre dans la vie. Pas à côté. Comme on pénètre un corps, anonyme pour préserver son anonymat, son intégrité. C’est à la fois la force et la faiblesse de ce projet qui le rend si bouleversant. Comme si l’aventure pouvait s’arrêter demain. Comme si chaque chanson était peut être la dernière. C’est un projet artistique utopique, motivé par l’impérieuse nécessité donc profondément utile. Pas de gras dans les textes. Que du nerf et du muscle. Pareil pour les musiques. Sans OGM, ni colorants, ni édulcorants. Mais pas bios pour autant. Un mouvement brut, après lequel on court sans jamais pouvoir réellement le rattraper

Extrait de « Haut les cœurs ! »

Haut les cœurs, quelque soit l’avenir de Fauve, les chansons sont déjà là. Et vont rester. Comme de belles promesses qui seront tenues, comme de belles caresses que l’on n’oubliera jamais. Se dire ou écrire des belles choses confine à une forme de discipline, de recherche, qui parfois confinent au classicisme des grandes chansons françaises qui sculptent l’exception culturelle.

Extrait de « Kané »

Fauve s’apprête à remplir le Bataclan. 1500 billets vendus en 36 heures. C’est aussi dans un temps de désillusion la preuve que l’on vient chercher avec eux des raisons d’y croire. Comme dans les mots de Cyril Collard : « Il est trop tard maintenant. Il sera toujours trop tard. Heureusement ! »

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