Ce matin, vous nous faites découvrir le nouvel album du groupe culte « Dead Can Dance », de retour sur scène et avec un disque, après 16 ans d’absence.

Il y a parfois des absences qui font peur surtout lorsqu’il s’agit de renouer avec la magie d’un groupe qui a tant marqué la scène cold wave des années 80, et qui fut l’un des fers de lance du label 4AD aussi mythique que les groupes qu’il abritait. Ce nouvel album prend les devants spontanément en annonçant dans son titre une renaissance. « Anastasis » du grec résurrection n’est pas démenti par le premier single extrait de l’album.

Extrait de « Amnesia »

Enregistré dans une petite chapelle dans le comté de Cavan en Irlande, ce neuvième album en presque 30 ans de carrière marque la fidélité du groupe à ses fondamentaux. Dead Can Dance, c’est ce duo fusionnel composé de Lisa Gerrard et de son ex mari Brendan Perry. Association musicale quasi gémellaire qui explosa en plein vol à la lisière des années 2000. C’est donc une réincarnation apaisée du couple qui a retrouvé le goût du dialogue et le besoin d’opérer des correspondances entre une musique liturgique et baroque, et de belles sonorités issues des cultures traditionnelles du monde. Plus précisément dans ce nouvel album, celle du bassin méditerranéen.

Extrait de « Kiko »

La voix sensuelle de contre alto de Lisa Gerrard a profondément marqué l’univers mystique du groupe. Oubliant la performance vocale, et même si elle semble avoir perdu quelques aigus, elle habille d’une humanité saisissante ce paradis du sample et du son de synthèse qui caractérise la musique de Dead Can Dance. Le yin de la voix qui vient densifier le yang de la musique. Epique, gothique sont aujourd’hui des qualificatifs qui semblent pouvoir à nouveau se conjuguer avec la musique pop sans que l’on s’imagine forcément sagement installé en lotus dans l’antichambre d’un cours de yoga, ou dans les rayons d’un supermarché bio new age. Ce qui étonne le plus dans ce disque est capacité à légitimer la thèse selon laquelle un retour vers le futur est possible.

Extrait de « Children of the sun »

La pochette représente un champ de tournesols brûlés par le soleil. C’est la mort apparente sur une terre qui ne demande qu’à être à nouveau fertilisée. C’est ça : la mort peut danser. Dead can dance. C’est croire au miracle de la résurrection.

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