Voici le nouveau mini-album du groupe français Outlines, un groupe originaire de Strasbourg, qui a baigné dans le hip-hop et le culte du vinyle. Aujourd’hui, il s’illustre dans le registre d’une pop sophistiquée qui, après celle du groupe Phoenix, est semble-t-il affutée pour conquérir le monde.Outlines, c’est de la pop racée, terriblement sexy, composée avec l’impératif de toujours trouver le sens de la mélodie et le glamour de la production des grands disques qui sont aujourd’hui des classiques. Telle est l’alchimie qui s’est donc opérée lors de l’enregistrement de ce disque bien français, comme sa production ne l’indique pas puisqu’il a été enregistré au mythique studio Gang, qui fit les belles heures de la chanson des années 70 et 80, en devenant la place forte, notamment, de Michel Berger ou Jean-Jacques Goldman. Mais ici c’est plutôt l’école Stax et son savoir faire rythmique, alliée à l’efficacité de la production qui est visée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fonctionne.Outlines, c’est l’association de deux musiciens passionnés : Irfane et Jérôme, tous deux fans de hip-hop, collectionneurs de samplers et de mix tapes. Ils écoutent autant les premiers albums du Wu Tang Clan que la musique de la Motown. Aujourd’hui le tandem tente de retrouver l’esprit jubilatoire qui marquait les productions des studios qui firent naître Stevie Wonder, The Four Top ou Gladys Night. Et lorsqu’on est blanc et que Georges Clinton, l’un des pères fondateurs de la musique funk, dit en écoutant leurs premiers titres « that’s futuristic Motown » (comprenez à peu près c’est de « la Motown futuriste »), cela donne une sacrée confiance pour enregistrer la suite de leur album.Singulier parcours que celui de ces deux musiciens. L’un part étudier aux Etats-Unis à Philadelphie, l’autre réalise des compilations franco-allemandes, devient l’assistant de Pedro Winter, le manager des Daft Punk, alors qu’il lance son label, ED Banger. Puis on les retrouve tous les deux dans le sillage de l’acteur Vin Diesel. En particulier Jérôme, qui devient son assistant. Les rencontres prestigieuses se ramassent alors à la pelle (RZA de Wu Tang, Mathieu Kassovitz, etc.), mais les deux garçons ne veulent pas se laisser enivrer par cette fréquentation assidue qui transforme l’existence et le travail en une agence de name-droping. L’essentiel est de continuer à écrire des morceaux. La pochette du disque représente un visage poupin, avec un œil au beurre noir mal détouré sur un fond lamé rouge. Le clip de Outlines joue avec une nouvelle norme qui ferait de toute icône une gueule cassée, tuméfiée. Histoire d’affirmer que l’on peut prendre ce disque comme un coup de poing dans un monde de paillettes.

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