Les Américains, c’est bien connu, sont assez décontractés. Si on a quelque chose à dire à notre commandeur en chef, on le fait en chantant.

Prenez le bluesman, JB Lenoir.

En 1957, il apostrophe le républicain, Dwight D. Eisenhower, pour se plaindre de l'état lamentable de ses finances depuis que les impôts l’assomment.

S’il a le blues, c’est parce qu’il ne lui reste plus rien, ni pour le loyer, ni pour les souliers de sa pépé. Il ne lui reste que de se mettre au chôme-du.

Diffusion d'un extrait de "Eisenhower Blues" de JB Lenoir

Dans les années 40, Woody Guthrie, le père de la musique folk, écrit « Dear Mrs. Roosevelt » à la mort de son mari de Président, pour la réconforter.

Ce morceau restera sans voix pendant plusieurs décennies jusqu’à ce que le fils spirituel de Guthrie, Bob Dylan, l'interprète en 1968.

Franklin Delano Roosevelt, que tous les américains appellent FDR, est démocrate, un peu à gauche du centre, comme il aimait dire. Avec son New Deal, il régularise Wall Street et les banques, crée de l'emploi et de la croissance, le tout de son fauteuil roulant, fait soigneusement caché au public.

Guthrie, qui penche plutôt à gauche de la gauche, rappelle à la première Dame, que le monde avait de la chance de l'avoir vu naître.

Diffusion d'un extrait de "Dear Mrs. Roosevelt " de Woody Guthrie chanté par Bob Dylan en 1968

Conor Oberst, issu de la scène indépendante, sous le nom de Bright Eyes, en a composé une beaucoup plus virulente : “When the President Talks to God”.

Diffusion d'un extrait de "When the President Talks to God" de Bright Eyes

Dans cette diatribe à l'intention de George W. Bush : Oberst imagine à quoi pourrait ressembler ses conversations avec Dieu : " Dieu lui demande-t-il de violer les droits des femmes et d'envoyer les jeunes gens à la guerre ? Ou de choisir quel pays à envahir?

Bien avant le politisé « What’s Goin’ On », Marvin Gaye s’est senti concernés par le contexte social de son pays. Il enregistre « Abraham, Martin & John » suite aux assassinats de Martin Luther King et de Robert F. Kennedy en avril & juin 1968.

"Ils ont libéré tant de monde, mais il paraît que les meilleurs partent en premier. "

Diffusion d'un extrait de "Abraham, Martin & John" de Marvin Gaye

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.