Découvrons une histoire de famille avec le premier album des sœurs jumelles Gianna et Laura Caronni, alias « Las hermanas Caronni » nées sous le signe du tango et de la musique classique.

Dans la pile impressionnante des disques qui arrivent chaque jour, tout à coup un petit miracle. Un album qui ne se présente pas, loin s’en faut avec les trompettes de la renommée ou celles du buzz si vous préférez. Un album publié hors des circuits traditionnels. Avec une pochette peu avenante. Un dossier de presse pas frimeur et pourtant…

Extrait de « Los ejes de mi carreta »

Gianna et Laura Caronni sont jumelles, nées en Argentine à 10 minutes d’intervalle dans un environnement où la musique veillait déjà sur leur berceau. Le tango bien sûr, les effluves sonores des soirées de milonga, ou encore l’apprentissage de la chacarera, musique traditionnelle du nord de l’argentine qui se mélangeait avec des chants traditionnels italiens entonnés par leur père. C’est donc la sono mondiale chez les jeunes demoiselles Caronni qui naturellement s’orientent vers l’apprentissage de la musique classique, d’abord à Rosario puis à Buenos Aires. Laura choisit le violoncelle. Gianni la clarinette. Toutes les deux récoltent séparément récompenses et médailles au grès de leur études respectives jusqu’à ce jour de 2004 où elles décident d’unir leurs expériences différentes pour faire vivre leur gémellité en musique.

Extrait de « El Jarrito »

La famille aux multiples racines, les souvenirs d’enfance, l’exil, la nostalgie des retours qui annoncent d’autres départs, toutes ces émotions à vif parcourent ce disque qui est aussi l’occasion de montrer que l’on peut très bien mettre en résonnance la mémoire d’un pays et l’exigence de l’enseignement d’une musique apprise sur les bancs de l’école du téatro Colon, l’opéra de Buenos Aires.

Il faut écouter émerveillé la gémellité jaillissante du violoncelle et de la clarinette, portée par le lien de sang identique de ses deux interprètes. Ici la nostalgie confine à une douce ivresse qui fait tituber d’allégresse la modernité.

Extrait de « Milonga campera »

Dans le très copieux livret qui accompagne le disque, la maman des jumelles Caronni écrit : « Les argentins ont la nostalgie de l’horizon, de leurs racines, de leurs ancêtres. L’argentine est un pays qui a su recevoir et qui de temps en temps sait aussi redonner au monde ». Cette découverte matinale est en bien la preuve.

« Las Hermanas Caronni » en concert :

Le 4 octobre à Paris au studio de l’Ermitage, à Paris

Le 15 octobre à Cenon, en Gironde

Le 4 novembre, à Chevire Le Rouge (49)

Le 9 décembre, à Fontenay-aux-Roses

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