Ce matin, nous vous présentons le second album du groupe américain " Other Lives ". C’est la vraie première sensation de cette rentrée avec un disque aux couleurs très automnales.

C’est véritablement une météo orageuse qui parcourt ce disque qui assume avec grâce son lyrisme mélodique. " Other lives " c’est le projet du chanteur compositeur et multi-instrumentiste Jesse Tabish, originaire de Stillwater dans l’état de l’Oklahoma. Avec lui, nous sommes immergés dans une symphonie de chambre particulièrement bien orchestrée : pianos, guitares, harmonium, orgues vibraphones, clavecins électriques, cuivres, violons et violoncelles, voici une musique qui aime s’écrire dans la richesse harmonique. Une partie de la source d’inspiration de " Other Lives " pourrait, semble t-il, venir de l’environnement dans lequel le groupe évolue. Loin d’une pop urbaine (La ville de Stillwater compte 45 000 habitants) au cœur d’un Etat dont l’écrivain américain Washington Irving écrivit qu’elle est je cite : « une prairie glorieuse s’étalant sous les rayons d’un soleil d’automne », ce disque est voué aux grands espaces. C’est toute la force du travail d’un musicien de haut vol, archange des montées d’accords parfaits, et soucieux de créer des textures palpables et soyeuses, comme dans ce sommet de mélancolie.

Ici ou là, on lit déjà le terme de « folk de chambre » pour définir cette musique imaginée par un paysagiste quelque peu inspiré par les cycles de la nature. C’est la bande son idéale des rêveries d’un promeneur solitaire. Pop rousseauiste avec à la fois beaucoup de réflexion et de spontanéité dans les compositions de " Other Lives ". La musique contemporaine de Steve Reich ou de Philip Glass est là en soubassement, mais elle semble aussi chevaucher les partitions de Ennio Morricone pour l’ampleur cinématographique, celle de Ravel pour l’approche orchestrale, avec une grammaire musicale où le crescendo permanent sollicite un romantisme tragique.

L’album s’intitule “Tamer Animals ”. Cela signifie « dompteur d’animaux ». Bien vu puisque ces onze titres cherchent l’exact équilibre entre sauvagerie et discipline. A égale distance de la sensibilité et de l’intelligence. Quand une telle œuvre est menée par un chef musical, il y a la possibilité d’un chef d’œuvre. Restons serein. Nous sommes qu’au deuxième jour de la reprise. C’est en tous les cas le premier grand choc de la rentrée.

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