C’est le nouvel album de Chilly Gonzales, que vous nous faites découvrir ce matin… Il s’agit du deuxième volet de son œuvre pianistique intitulé « Solo Piano II ».

Gonzales est un artiste qui a le don d’ubiquité. Musicien, chanteur, producteur, acteur, réalisateur, entertainer. Chilly Gonzales sait donc tout faire, sans se disperser et s’il parvient à être pertinent dans chacune des disciplines, c’est parce que le piano est sa raison d’être, un prolongement de lui-même, un miroir qui ne l’a jamais déformé. C’est bien ce que raconte ce nouvel album.

Extrait de « Othello »

Après un premier volet discographique publié en 2004, Gonzales est retourné en décembre 2011 au studio Pigalle dans lequel il a fait entrer son piano droit pour enregistrer 14 nouvelles compositions. Une sorte de refuge contraint dans lequel le musicien a joué et rejoué tous ses morceaux, leur faisant subir une cure drastique de répétitions jusqu’à capter la substantifique moelle de chacun. C’est l’interprète instrumentiste qui a mis ainsi au défi ses propres compositions.

Extrait de « White Keys »

Chilly Gonzales est canadien comme Glenn Gould avec lequel il partage une certaine « excentrique attitude » souvent symbolisé d’ailleurs par leur relation singulière à leur instrument. Glenn Gould penché sur son clavier jusqu’à parfois renifler les touches, Gonzales se glissant sous son piano pour mieux l’escalader et même réussir à en jouer avec les pieds. Ça c’est pour le spectacle et la légende. Pour le disque, c’est une autre histoire. Un rendez-vous intime avec l’épure.

Extrait de « Rideaux lunaires »

L’album est accompagné d’un film présenté en « pianovision » grâce à une caméra qui capte les images des touches et marteaux du piano. Histoire de nous faire entrer un peu plus au cœur de la bulle de ce musicien fantasque et habité à toute heure du jour et de la nuit.

Extrait de « La bulle »

Après avoir tant travaillé pour les autres, dont tout dernièrement pour le très attendu nouveau disque des Daft Punk, et en attendant son prochain disque pop forcément déviant, l’album "solo piano II", sorti lundi dernier, est l’occasion de renouer avec un musicien qui n’a eu de cesse de faire entrer le piano, son instrument, dans la modernité.

Les liens

La page de la chronique "Encore un matin" sur Facebook

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.