C’est le grand retour d’un poète, romancier, auteur compositeur interprète majeur de la musique mondiale. Ce lundi France Inter consacre une journée entière à Leonard Cohen qui revient à 77 ans sur le devant de la scène avec un tout nouvel album studio intitulé « Old ideas ».

« Old ideas », vieilles idées comme un pied de nez à une humanité qui vacille sous la loi de la vitesse, de la mémoire qui effraye le progrès. Ces vieilles idées, comme une obsession finalement lorsqu’on sait que Leonard Cohen avait déjà envie d’intituler comme ça son dernier album studio datant de 2004. L’apôtre de la lenteur revient illuminé de cette grâce intacte, celle d’un trappiste de la mélancolie et du verbe choisi.

Extrait de « Show me the place »

La voix est toujours aussi belle, oscillant entre le chant et la litanie, pour délivrer cette poésie précise, sans afféterie, où chaque mot suggère une idée, une émotion, un paysage mental. Dans ce nouveau disque il est toujours question des thèmes fondateurs du poète : l’amour, la quête de la spiritualité qui fait face à la souffrance, à l'incompréhension et à la mort. L’album est produit avec élégance par Pat Leonard qui cosigne 5 des 10 morceaux du disque, comme cette bouleversante chanson d’amour.

Extrait de « Anyhow »

Leonard Cohen avouait il y a quelques années : «c’est vrai, il y a des gens qui écrivent de très grandes chansons dans un taxi ou sur une serviette dans un café mais je ne sais pas, peut-être suis-je paresseux ou lent, mais ça prend des mois, même des années… » Cette appréhension du temps a pris une force et une intensité supérieure lorsqu’entre 1994 et 1996, il effectua une retraite bouddhiste au Mont Baldy en plein désert californien. De cette aventure introspective Léonard Cohen est devenu l’un des symboles incarnés de la recherche intérieure pour percer les mystères de la vie, loin des canons de l’existence humaine qui pousse à la rentabilité et à la compétitivité.

Extrait de « Banjo »

Dans une des chansons de l’album, Leonard Cohen chante dans un souffle abyssal impressionnant : « Je n’ai pas de futur, je sais que mes jours sont comptés » La confession en impose mais elle n’étonne pas, venant de celui qui déjà, en 1966, écrivait dans les perdants magnifiques que nous n’étions que des équilibristes de l’amour.

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