Fêtons le retour à la musique après une très longue absence de deux chanteuses qui ont du caractère, et qui ont fait souffler un vent de liberté chacune dans leur style. Rachel des Bois, 15 ans d’absence, et Princess Erika dont le dernier tube « Faut que j’travaille » a aussi 15 ans.Extrait de « Faut que j’travaille »Ce tube irrésistible encore aujourd’hui, peut paraître, avec le recul, comme une profession de foi prémonitoire. Pourtant, Erika a fait bien plus que se la couler douce. Mais la vie d’artiste est toujours soumise à des turbulences qui peuvent aboutir à la dépressurisation d’une carrière prometteuse d’audaces. 1988 : « Trop de blabla » et Princess Erika signe le premier tube ragga féministe qui freine la marche des machos et porte l’idéal de Paris comme capitale de la sono mondiale. La suite sera moins facile. Elle revient aujourd’hui dans un album déséquilibré, mais plein de vie et de hargne, comme en témoigne ce duo avec une autre étoile filante au caractère bien trempé, Nina Morato.Extrait de « Dans la maison de mon père »Interloqués nous fûmes de la voir transformer en fermière pour renouer avec la célébrité, et parfois déçus de n’avoir des nouvelles d’elle qu’à travers la pub pour un groupe d’assurance ; alors que cette Princess d’origine camerounaise a ouvert musicalement bien des portes et possède toujours un vrai tempérament d’auteur affranchie.Extrait « Juste Erika »Autre retour, celui de Rachel des Bois, ex suffragette du top 50 qui baladait ses chansons fantasques et son univers de saltimbanque déjanté entre Bartabas et Almodovar. Femme à poigne, elle chantait « Au cœur des foyers », titre de son premier opus qui était l’illustration de sa volonté d’émancipation permanente. En 1998, licenciée de chez Universal, elle peut rentrer chez elle accrocher tous ses trophées : Victoires de la Musique, Prix de l’Académie Charles Cros, et j’en passe. 15 ans d’abstinence musicale pour un retour éblouissant à se poser les bonnes questionsExtrait de « Mona Lisa »Rachel des Bois a pris le temps de faire trois enfants, de beaucoup douter, mais aussi de trouver l’épanouissement dans le coaching pour comédiens qui veulent chanter et de revenir avec son disque réussi de bout en bout, foisonnant de sentiments libres et de considérations espiègles.

Extrait de « Douceur de l’amour »Princess Erika et sa majesté Rachel des Bois, deux figures princières qui ont remisé leur crinoline pour incarner ces Calamity Jane de la ritournelle. Le féminisme en chanson ne s’est toujours pas assagi et c’est tant mieux.

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Jaakko Eino Kalevi

Fortune

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