La musique occitane est à l’honneur avec le groupe « La Mal coiffée » qui a sorti il y a quelques semaines son troisième album, et qui s’intitule « Ou ! Los omes » ce qui signifie à peu près : « Oh la les hommes ! »

Extrait de « Catarina »

Cinq filles jolies, avec du tempérament et plein de soleil dans les pupilles, réveillent les hommes depuis dix ans et explorent tous les secrets de la langue occitane. C’est grâce à Laurent Cavalier qu’elles ont décidé de travailler ce répertoire traditionnel qui semblait dormir comme un trésor oublié. La langue occitane est naturellement une langue qui chante. Sur les contreforts du minervois, il suffit d’écouter les anciens qui parlent notre français avec l’accent pour y entendre en soubassement les restes de cette langue de la terre, de la vigne, parfois de la colère, et des veillées qui n’avaient pas besoin d’être habillées par le tissus social pour faire le lien entre les générations et les traditions.

Extrait de « Breçairola »

La Mal Coiffée invente sa propre polyphonie harmonisée à une singulière polyrythmie sur des chants traditionnels ou composés pour l’occasion. Le travail de ces 5 voix met en lumière aussi la beauté de la diction, cet incroyable placement de la voix en poitrine, soutenu par l’utilisation de percussions artisanales où la corne de l’Afrique s’invite en résonnance avec le bendir, les tambourins, ou le balai malgache.

Extrait de « Lo Gat »

Le texte de ce traditionnel nous fait voyager dans un surréalisme débridé. On trouve aussi des chansons qui portent en elles la vocation de transmettre un rapport au monde plus philosophique. On retrouve la tradition orale des griots africains dans sa dimension de transmission C’est le cas de « La ronda del morts » écrite par la poétesse Louisa Paulin qui nous enseigne que les morts sont en quelque sorte la terre nourricière des vivants.

Extrait de « La ronda del morts »

Les filles de « La Mal Coiffée » ont appris la langue occitane à travers la chanson et restitue cette fierté d’une langue qu’il ne faut surtout pas confondre avec un patois. C’est la langue de la mémoire. Ce chant occitan, dont les filles de la Mal Coiffée disent qu’il rencontre la chair et nous offre du souffle.

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Jaakko Eino Kalevi

Fortune

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