Ce matin vous nous présentez l’album d’un artiste on ne peut plus singulier. H. Bassam qui a enregistré son premier album à 60 ans et qui n’a malheureusement pas pu le terminer, emporté par un cancer décelé trop tardivement. Ce sont ses enfants, bien connus du grand public puisqu’il s’agit de la chanteuse Camille et de son frère Simon Dalmais qui ont donc décidé de le terminer et de le porter aujourd’hui.

Extrait de « Birmingham, Alabama »

C’est un disque de deuil rempli de vie. Ce sont douze chansons qui retracent mille vies. Celles d’un voyageur impénitent, ensemencé par sa majesté le jazz, aguerri par la beauté du blues, incarné par la vérité de la soul music. Un homme épris de mots et de gestes qui porta en sautoir comme un Saint Graal la phrase de Jimmy Hendrix présente dans le très beau livret du disque : « With the power of soul, everything is possible ». Avec la force de l’âme, tout est possible.

Extrait de « Brooklin’ »

H pour Hervé, Bassam pour Grand-Bassam, ville proche d’Abidjan. Un nom de scène que l’on comprend comme une volonté, comme un emblème. Un homme d’ici et d’ailleurs. De France et d’Afrique. De l’intérieur et de l’extérieur. De l’intime et de l’universel. A cheval sur deux continents, H Bassam se trouve et se rassemble dans les villes qui forcément appellent à l’amour. Comme le nom d’une rue « Daguerre », qui pousse à la nostalgie qui forge souvent les belles chansons pop…

Extrait de « Daguerre »

C’est un disque qui n’a pas d’âge, qui n’appartient pas à une époque. Souvent irrigué par les influences des grands disques de variété des années 70, l’album joue sur plusieurs partitions sur lesquelles se promènent l’âme visiteuse de Claude Nougaro et les prières de Ray Charles. Mais ce qui touche le plus profondément, c’est la voix de cet homme. Exactement au centre de sa vérité. Au moment précis où l’ultime accomplissement d’une vie chasse encore les sombres attaques du destin. Cet instant curieux où l’on a finalement compris et accepté que la vie n’est qu’une traversée. Une belle traversée, promesse d’éternité.

Extrait de « Océan »

L’album s’intitule « Places/Traces ». Tout est dit dans ce titre fait de deux mots. Avoir su prendre sa place et laisser un héritage. Contrairement à ce que dit le proverbe, on peut donc être et avoir été. C’est donc bien le disque d’un passeur.

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